mardi 10 décembre 2013

[6] Serpent, Chant, Rencontres et arrivée du Terrible H !





Note : les premiers articles sont en bas du blog, ils ont tous des tailles de mini romans alors bon si vous débarquez seulement maintenant dans ce carnet de voyage et que vous êtes intéressés soyez avertis que cela peut vous prendre un certain temps ^^

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Un grand merci à tous ceux qui envoient régulièrement des nouvelles, quel bonheur ! Et merci à ceux qui réagissent à mes articles, c’est toujours très intéressant et nourrissant de discuter avec vous !!!

Merci pour les cartes postales ! Même celles du Japon et d’Atlanta sont bien arrivées (merci Thierry !)

Merci aussi pour vos prières, les zamis ! =)


Info culturelle : le délai postal entre Nouna (Burkina Faso) et Antananarivo (Madagascar) est d’environ 1 mois pour une simple carte. ERF.


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Bonne lecture, et bon voyage!



Vendredi 22 novembre 2013
Miaaam, du serpent !



Ce soir, on a mangé du serpent à la communauté. Bon, les frères nous disent que c’est du boa, mais je doute que ce soit le vrai nom de l’espèce consommée. Je dois avouer que les côtés « je baigne dans la sauce » et « j’ai gardé ma peau reptilienne qui rappelle que je suis bien un gros serpent tout moche » ça donnait pas envie envie... Mais en fait c’est pas mauvais ! Y a juste pas grand-chose à manger dessus quoi.





Mercredi 27 novembre 2013
Fais des maths dans la vie…



Ce matin, pendant la récré, j’étais dans la cour du collège en train de prendre vaguement le soleil entre deux cours. Et là je vois accourir à toutes jambes un petit bonhomme trop chou (un de mes élèves de 5e, bien sûr !), suivi de deux camarades. [Paniqué] « Madame ! Madame ! Est-ce qu’il y aura la symétrie au devoir cet après-midi ??? » « Bah non, c’est devoir sur les angles aujourd’hui ». [Soulagement total]. Sa camarade, qui le suivait de près : « Madame ô ! Si on fait une droite comme ça et une là ô est-ce que les angles sont alternes-internes ? » Heu… Ben là dit comme ça j’avoue que j’en sais rien du tout parce que tes droites je les vois pas… ERF.

C’est comme ça qu’on se retrouve par terre entourée de trois enfants tellement adorables en train de dessiner sur le sol avec un bâton des angles alternes-internes et correspondants.
Vous ai-je déjà dit que j’étais ultra-fan de mes 5? :p





Samedi 30 novembre 2013
Nouna, entre ville rurale et village urbain ?

Ville ou village ?

Premier week-end depuis… Ben je sais plus quand tiens ! Toussaint ?
J’en ai profité pour aller faire un bon gros tour à vélo dans Nouna.

Nouna. Je ne sais pas comment qualifier cet endroit. Une ville ? Un gros village ?
Les habitations sont à moins de 200m chacune, on pourrait donc dire une ville. Mais une ville « rurale », genre, si ça existe. En fait, je crois que ce qui me donne l’impression que c’est un village, c’est simplement le côté « routes en terre », « troupeaux qui se promènent de partout », « petites maisons » et « absence de grosse infrastructure ».  Voilà.  
Note : la ville est divisée en « secteurs ». Nous on est au secteur 3 (qui est pas mal mais pas hyper sain en saison des pluies à cause des flaques stagnantes).


Bestiaux en liberté

Cela me fait penser que les troupeaux qu’on croise ici sont assez drôles : ce sont des mélanges hétéroclites de bestiaux. L’autre jour j’ai vu un petit garçon - tout petit - mener avec son bâton un troupeau d’une trentaine de têtes, constitué à la fois de zébus, de chèvres, de moutons et d’ânes.

L’âne. C’est pas un animal que je suis habituée à voir souvent, encore moins en « liberté ». Mais ici l’âne c’est THE animal. J’en croise souvent quelques-uns qui trainent dans la rue en allant au collège (même des bébés trop choupinous !!). C’est les ânes qui tirent les petites charrettes. On voit souvent comme ça deux petits ânes attelés à une charrette dans laquelle se trouvent 5-6 enfants. Bref.

Petit tour à vélo

Mon petit tour à vélo m’a amenée à observer un certain nombre de choses. Déjà, je suis allée dans une partie de Nouna que je ne connaissais pas du tout : qu’est-ce que c’est grand ici ! C’est très étalé, en fait, et waou qu’est-ce que c’est grand… J’ai vu toutes sortes de maisons, de la mini case en terre donnant sur la rue, à la maison cachée par un haut mur entourant une propriété immense avec plein d’arbres. Globalement, les maisons sont quand même très simples, en rez-de-chaussée, pratiquement toutes d’architecture locale burkinabè (forme géométrique en genre de terre avec toit plat).

Le bâtiment le plus grand et le plus moderne que j’ai pu voir, vraiment en sortie de ville, il y avait marqué « tribunal de grande instance » dessus. Et plus loin, derrière, il y avait un espace bordé d’un mur immense, avec une tour de guet à côté du portail. Vu la taille et l’aspect, et la proximité avec le tribunal, je me suis dit, sans certitude, que c’était une prison…
Cette info a été confirmée par une source sûre ^^

Le monde des bisounours

Cela fait bizarre, étant donné le très grand calme qui règne ici, de savoir qu’il y a une prison à la sortie de la ville. A force, j’avais presque oublié que le crime existait… Mais sérieux, ici des fois j’ai l’impression d’être dans le monde des bisounours ! On nous a souvent dit « Nouna, c’est une ville où il n’y a pas de voleur », par exemple. Et c’est vrai que jusqu’ici on n’a pas ressenti du tout de climat de méfiance à quelque moment que ce soit. Les gens laissent leurs portes ouvertes, n’attachent jamais leurs vélos (avec quoi, de toute façon ?) ni leur moto, etc. Ça me change de Grenoble ! ^^
La nuit ne fait pas peur du tout, malgré l’absence de lumière. Quand je vais courir au stade (toujours la nuit, en journée il fait vraiment trop chaud), ben je m’inquiète même pas de sortir dans le noir, du tout.

Pileuse de maïs, toubabou, et « vous êtes invitée »

Pendant mon tour à vélo, je suis passée devant une mosquée construite récemment : superbe ! Très aérée (comme notre cathédrale), marron et bleue, toute simple. J’ai vu aussi de nombreuses femmes piler des aliments (du maïs je crois), chose commune à Madagascar aussi. Une en particulier m’a impressionnée : elle lançait son pilon très haut avec une main habile et forte, et le rattrapait dans sa chute pour le guider vers le mortier.

Evidemment j’ai eu droit à de nombreux « Bonsoir » (il était 15h), « Anitlé » (bonjour quand le soleil est déjà haut en dioula) et aux fameux « toubabou ! ». « Toubabou » c’est comme ça que sont appelés les blancs =) on n’a pas encore déterminé si c’est pour tous les blancs ou juste les francophones. C’est le « vazaha » d’ici quoi ! (vazaha c’est la même chose mais à Madagascar). On ne sait pas trop d’où ça vient, mais je trouve drôle l’explication qui dit que ça viendrait du mot « toubib » (docteur), avec les médecins blancs qui passent en Afrique.

Au marché, je suis passée devant un groupe d’hommes assis devant leur boutique, en train de boire le thé. Ils ont fait honneur à la réputation du chaleureux accueil burkinabè en m’invitant à partager leur thé : « vous êtes invitée ! » Heureusement qu’ils mettent beaucoup de sucre parce que punaise qu’est-ce qu’il était fort !






Dimanche 1er décembre 2013
Bonne entrée dans l’Avent en musique!

L’Avent

Allez, on est entrés dans l’Avent (période précédant la grande fête de la Nativité : Noël) ! Hier soir à la messe (anticipée) tout était violet, on ne pouvait pas louper le changement dans le calendrier liturgique haha ! D’ailleurs, je sais pas pourquoi, mais on a aussi changé de chef de chœur pour la chorale hier soir… On s’était habitués à le voir dans sa grande « robe » bleue, face à la chorale, en train de battre la mesure avec ses grandes mains aux longs doigts très fins, ses lèvres serrées par la concentration et sa tête qui dodeline en rythme. Je ne l’ai pas reconnu tout de suite dans ses habits normaux parmi l’assemblée !


«Siya hambé koukanyen kwenko » (= Nous marchons dans la lumière de Dieu en zoulou)

Cet aprem, j’ai profité de l’absence (temporaire !) de copie à corriger / cours à préparer, pour aller rendre une visite musicale (prévue) aux frères, qui étaient seulement deux ce week end. Nous avons répété puis chanté à trois voix le sublime chant zoulou « Siyahamba » (petite dédicace à Etienne et Marc  pour notre trio à St Jo ! Et à Jijo pour l’accompagnement génial au djembé !).

Quelle chance j’ai !!!  En plus de chanter juste, ils ont de très belles voix, riches et profondes. L’un est ténor, l’autre basse, et moi je suis plutôt mezzo-soprano (j’ai un peu baissé dans les graves depuis le lycée… Mais je commence doucement à m’y faire). Donc chacun a appris sa voix, et une fois que tout le monde était à l’aise, on a entonné le chant à trois.

* Emerveillement *

Dans cette petite salle qui faisait caisse de résonnance, on était en train de se rapprocher du divin. C’est pas un accès soudain d’orgueil ou quoi, c’est l’effet que me fait toujours la musique, quels que soient les chanteurs / musiciens, tant qu’ils jouent à peu près juste !
Le chant, la musique, ça fait toujours vibrer mon âme.
Et dès qu’il y a plusieurs voix, c’est… c’est… juste WAAAAAAAAAAAAAAAAA.
Et là, trois belles voix qui s’élèvent et résonnent, ben… WAAAAAAAAAAAAAAAA quoi !!

Quand on s’arrête, on se regarde, tout étonnés d’avoir réussi, ensemble, à créer de la beauté.
Alors, évidemment, on ne peut pas s’empêcher de… recommencer !

Un jour, on trouvera une alto et un djembefola et là… là… ce sera OUFISSIMEMENT DIVIN !



« Quand je regarde autour de moi, je vois Tes œuvres […] Comment ne pas Te louer ? »




Mardi 3 décembre 2013
A la rencontre de l’Autre

Vivre la rencontre

Pour info ou rappel, une des raisons de mon départ en mission était l’envie d’aller à la rencontre de l’Autre, et de rechercher le Christ par cette rencontre. C’est un peu abstrait et difficile à expliquer, il faut déjà avoir suivi un certain cheminement de la foi et de la pensée (il y a un an je n’aurai pas pu le dire comme ça !). Mais grosso modo j’ai réalisé il y a peu que ce qui nous fait vivre, vraiment, ce sont nos rencontres, et nos partages avec l’Autre (notre prochain, notre voisin, notre ami, l’inconnu d’à côté, l’Autre quoi). Et qu’aller à la rencontre de l’Autre, c’est aller à la recherche du Christ (et vice versa), parce qu’aller à la rencontre c’est découvrir chez l’autre tout ce qu’il veut bien nous donner, ses joies comme ses peines, c’est le voir dans toute son humanité (et le Christ est Dieu fait homme…). Bref.


Cette mission est un cadre particulièrement idéal pour faire cela, pour plein de raisons (les conditions de vie locales, le travail avec les gens ici, l’état d’esprit du départ et de la découverte, l’interculturel, etc.)  Je rencontre plein de gens, je partage avec eux des choses simples et pourtant réjouissantes. Et, je dois avouer que cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps… Le plaisir d’un simple thé partagé, de quelques salutations souriantes, l’attente d’une réponse à la question « ça va ? », je trouve facile de les oublier dans le monde occidental qui court sans cesse, s’affole et fonctionne beaucoup à la performance et la rentabilité (est-ce que j’ai le droit de dire ça en tant que future diplômée d’une branche qui cherche « l’optimisation des performances de l’entreprise » ? ^^)


Des rencontres formidables

Déjà, bien sûr, il y a les gens du collège : les élèves, les collègues enseignants, Marie notre super secrétaire. Avec eux on partage beaucoup, et de tout : le savoir, les difficultés, l’apprentissage, les petites blessures, la pression, le stress, le travail, les petites joies, les rires, etc.

Ensuite il y a tous les gens qu’on croise souvent, plus ou moins proches : les frères ; Karim, propriétaire du maquis le Vis-à-vis, qui connait tous les coopérants qui sont passés depuis des années ; la dame au coin de la rue qui vend des pastèques et des bananes que je salue tous les matins/midis/soirs et qui me répond en dioula un tas de trucs que je ne comprends jamais ; Ousmane, le peul (une ethnie d’Afrique de l’ouest, dont les membres sont généralement éleveurs) qui vient nous vendre des yaourts frais ; Adama, un élève de l’école d’électronique/électricité du secteur 3 qui vient faire son jogging nocturne au stade tous les soirs après ses cours ; les enfants de l’école du stade, etc.

Ma dernière grande rencontre était avec Idrissa. Cet homme est incroyable. C’est un autodidacte en dessin et travail du bois, très cultivé, d’une générosité impressionante. Quelle belle rencontre ! J’ai hâte de retourner le voir !





Mercredi 4 décembre 2013
Terrible journée

Le foot

Bon, évidemment, le sporE na-TIO-nal c’est le foot. Ce matin j’ai pu assister à un match 5ème VS 6ème. C’était très impressionnant ! Les gamins sont pieds nus pour la plupart, ils ont une vitesse et une solidité incroyables ! Je m’étais dit en début d’année, naïvement, que s’il y avait des matches profs VS élèves j’étais prête à mettre de côté mon manque d’intérêt pour les sports de ballon et participer.
Ben après avoir vu ça j’ai changé d’avis : JAMAIS je ne jouerai contre eux.
Non non non non non. Ils me font beaucoup trop peur.



IL est arrivé !!!

Celui qu’on attendait avec grande appréhension, qui ne devait pas arriver avant janvier normalement, IL est là. Le terrible Harmattan. Ça y est, je l’ai découvert ! Et il est vraiment spécial.

Ce n’est pas un vent super fort ou violent genre tornade. Il y a de temps en temps des bourrasques c’est vrai, mais c’est tout. Il n’est ni chaud ni froid, on dirait presque une brise, c’est presque agréable. Mais…

Mais à 14h il fait sombre comme s’il était 17h. Le ciel est obscurcit par… un nuage de poussière. Et c’est vraiment bizarre. Le ciel a une couleur marron, on sent la lourdeur des particules dans l’air. Et quand on respire ! On se sent aspirer la poussière ! Elle entre dans la bouche et laisse un goût âpre de sécheresse avant de s’enfoncer dans la gorge. Et c’est pire que comme si on avait couru un marathon sous un soleil du midi en été : il fait sec dans notre bouche, dans notre gorge, même déglutir ne fait pas passer la sensation. C’est comme « avaler du sec », et c’est franchement bizarre, et peu agréable.

Pour le moment je n’ai pas encore eu droit aux effets secondaires (et espérons que je ne les connaitrais jamais, Inch’Allah !), à savoir les maladies de la gorge, la sècheresse de la peau et les crevasses qui vont avec, ainsi que la fissure des lèvres.

Les gens ici ont sorti leurs masques. Et on va pas tarder à être obligés de se pommader. YOUHOU.

Pauvres 2ndeC

Ils ont vraiment pas de bol ces gosses. Déjà, ils m’ont comme prof HAHA. Ensuite ils ont plein de lacunes qui les font galérer dans cette classe. Enfin, ce soir ils étaient en composition de mathématiques (grosse épreuve de fin de trimestre), et… Il y a eu une coupure de courant alors qu’il faisait nuit noire dehors.

C’était trop irréel, cette fin de composition !! On était dans le noir complet, avec les quelques lumières bleutées des téléphones allumés, tout le monde était un peu paumé mais essayait quand même de finir le sujet, les élèves étaient pratiquement quatre par table pour partager le faible éclairage des cellulaires de leurs voisins… N’IMPORTE QUOI ! Et comment je vais faire, moi, pour noter, maintenant ? ^^ Ils ont vraiment pas de bol, ces gosses, j’vous dis.


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Sur ce, je retourne à la correction de mes quelques 200 copies.




Des bisous de Nouna, et à une prochaine pour la suite !
Avec toute mon amitié et ma prière !




mardi 26 novembre 2013

[5] Ressucito !!!




* Article plutôt de réflexion que d’anecdotes locales *

Moi, bavarde ? Mais quelle idée !!
Note : les premiers articles sont en bas de page, ils ont tous des tailles de mini romans alors bon si vous débarquez seulement maintenant dans ce carnet de voyage et que vous êtes intéressés soyez avertis que cela peut vous prendre un certain temps ^^


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Pour les éventuels non croyants qui me lisent : j’espère ne pas trop vous ennuyer, car je parle beaucoup de Dieu, de foi et de religion ^^   Mais Il fait tant partie de ma vie et Il me rend tellement heureuse que je ne peux pas ne pas parler de Lui !



Un grand merci à ceux qui envoient de leurs nouvelles, quel bonheur !

Merci aussi pour vos prières, les zamis ! =)


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Bonne lecture, et bon voyage!




Samedi 9 novembre 2013
Je suis ressuscitée ! :p

“Nos petites résurrections”

Ce soir à la messe, l’homélie ressemblait à un « sermon de pasteur afro américain », genre ce qu’on peut imaginer qu’aurait pu faire Martin Luther King, moi j’ai beaucoup apprécié !

On a abordé le grand thème de la résurrection.

Pour les non chrétiens, un mini-bref éclairage : nous, chrétiens, croyons que Jésus (dont vous avez déjà entendu parler j’en suis sûre !), est « revenu à la vie » après avoir été crucifié (par amour pour les Hommes). Nous n’entrerons pas ici dans les détails de la résurrection du Christ (voyez la Bible pour plus d’informations), mais sachez que cette résurrection n’est pas simplement un retour à la vie terrestre, c’est le passage à une vie nouvelle en Dieu, « aperçu » de ce qui se passera à l’heure de notre mort (puisque nous croyons en la vie éternelle, auprès de Dieu).


L’homélie m’a beaucoup touchée, c’était beau. Je ne peux malheureusement pas utiliser les mêmes mots que le prêtre car je ne m’en souviens pas, mais je vais tenter de vous donner l’idée générale, avec mes mots personnels, et donc ma réflexion perso, inspirée de ce qui a été dit.


Concrètement, ressusciter, ce serait donc « entrer dans une nouvelle vie, aux côtés de Dieu ».
Et c’est là que ça devient intéressant : à chaque fois que nous réussissons à combattre nos « péchés » (nos faiblesses, nos défauts, ce qui nous gâche la vie et gâche aussi celle des autres, qui n’est pas constructif, etc), en fait c’est une « petite » résurrection !  En effet, lorsque nous réussissons à venir à bout des choses qui chez nous sont « mauvaises », destructrices, alors nous nous rapprochons de la sainteté, nous nous rapprochons de ce que Dieu nous demande de devenir, nous nous rapprochons de Lui. Et ce que nous devenons alors est un « aperçu » de ce que nous serons à notre mort, quand nous le rejoindrons.

« Lorsque je soigne mon être intérieur et extérieur,

c’est le début de ma résurrection. »



Conséquences

Cela entraine un certain nombre de choses. Puisque être auprès de Dieu c’est le bonheur, lorsque nous nous « nettoyons » nous nous rapprochons du bonheur. C’est donc une démarche très positive et constructive, comme toutes les démarches à la suite du Christ. Ensuite cela implique que, si Dieu nous promet le bonheur auprès de Lui, il faut que nous en soyons acteurs ! Nous devons choisir de changer.

Mes résurrections

Pour ma part, je suis « ressuscitée » plusieurs fois, mais jusqu’ici ma plus grande résurrection actuelle s’est faite il y a très peu de temps (la plus grande étape s’est à peu près terminée en mai dernier). Je n’entrerai pas dans les détails (trop compliqué, trop personnel aussi). Mais en gros, j’ai entrepris la lourde démarche de changer, d’éliminer les traits de mon caractères qui pourrissaient ma vie et celles des gens qui me côtoyaient, et qui n’étaient pas constructifs. Je n’ai pas terminé, évidemment (la tâche est ardue, vu le nombre de choses à éliminer ^^, et, avec mes faiblesses humaines, je sais qu’il faudra sans cesse y travailler). Mais je suis sur la bonne voie, sur « le chemin de ce que j’ai envie de devenir ».
Ceux qui m’ont connue « avant » peuvent déjà témoigner du changement, et ceux qui m’ont connue « après » peuvent en voir les effets incroyables : je n’ai jamais été aussi heureuse et positive en permanence de ma vie !  =) =)

Et les vôtres ?

Si cela vous intéresse aussi, voilà quelques conseils : d’abord, recherchez ce que vous voulez être, votre objectif. Genre moi je voudrais devenir plus proche des gens, quelqu’un qui essaye de prendre les gens comme ils sont, qui essaye de faire sortir le meilleur de chacun (les dons, cf. article [1]) afin de construire tous ensemble de belles choses. J’ai envie d’aimer plus les gens, individuellement et globalement, comme ils sont.
Ensuite regardez ce que vous êtes actuellement, et qui est contradictoire avec ces objectifs. Intolérante sur certains points, un peu égocentrique, parfois même « méprisante », et qui attend trop des autres (et est donc forcément déçue, par ma faute, puisque quand on attend quelque chose de quelqu’un qui n’est pas capable de nous le donner, c’est qu’on a pas accepté de le voir comme il est).  Comparez et mesurez l’écart. Vous aurez alors une idée du problème et donc de ce que vous pouvez améliorer. De mon côté et bien par exemple j’avais beaucoup de mal à accepter que les gens soient tels qu’ils sont, avec leurs défauts et leurs faiblesses aussi, et non pas tels que j’aurais voulu qu’ils soient.
Procédez par étape en vous donnant de petits objectifs à votre mesure, à la suite les uns des autres (éliminer tel ou tel défaut, mettre en valeur telle ou telle qualité, etc). Pour ma part j’avais déjà fait en sorte de devenir quelqu’un qui n’est pas timide, qui sait sourire et communique donc un peu de bonheur. L’étape suivante c’était (et c’est encore) d’éliminer ces gros traits de caractère qui me rongeaient et me rongent (jalousie presque maladive, intolérance, etc). Une partie de cette étape est terminée, le reste est en cours.

Un changement de soi, ça se prépare, c’est douloureux et c’est long. C’est douloureux parce que ça veut dire qu’on doit se remettre en question, sincèrement et profondément. Il faut avoir le courage de se regarder en face, pour de vrai, avec le plus d’objectivité possible. Et ça peut faire très mal de se voir tel qu’on est réellement. Ensuite il faut l’accepter, parce que ça fait partie de nous. Pour changer, il faut donc abandonner une partie de soi, ce qui est nécessairement douloureux. Si vous le pouvez, faites-vous aider (par des amis de bons conseils, ça marche bien, par exemple ! Et  puisez vos forces dans le Seigneur, Il est toujours à vos côtés et Il vous aime infiniment!)

Une joie qui éclaire de l’intérieur, et ça se voit à l’extérieur !

Mais, parole de quelqu’un qui est récemment passé par là : ça vaut le coup !!!!
Ho oui, ça vaut vraiment le coup !!!

Parce que quand on commence à être sur le chemin de ce qu’on a envie de devenir, on est en accord avec soi-même et, certainement, avec les projets de Dieu pour nous, et alors on devient vraiment profondément heureux !!!! D’un bonheur qui commence par être éclatant lorsqu’on se rend compte qu’on marche sur la bonne voie (les volontaires DCC qui ont suivi la formation FIL en juin dernier peuvent témoigner : ils m’ont rencontrée exactement à ce moment-là !), puis qui est diffus, présent  en permanence, dans notre cœur et dans notre âme. Cela nous porte, nous donne confiance en nous parce qu’on a choisi d’être ce qu’on est, et qu’en plus on a souffert pour y arriver, on est donc réellement acteur et responsable de nous-même: quelle fierté ! Tout en sachant qu’il reste encore à faire, bien sûr.

Se soigner soi-même, pour s’améliorer et se rapprocher de Dieu, c’est indispensable pour ensuite être réellement ouvert aux autres et pouvoir construire des choses avec eux. Parce que si on porte encore nos fardeaux avec difficulté, comment peut-on aider les autres à porter les leurs ? Comment peut-on les aimer pour ce qu’ils sont si on n’aime pas ce qu’on est ? Et, parallèlement, les autres sont aussi là pour nous aider à nous améliorer, avec leur regard, leur ressenti, leurs conseils.

Ma chère prof de maths de MP2 disait souvent « on n’est pas c’qu’on nait, on est c’qu’on d’vient ».

A vous de jouer, pour ceux qui le souhaitent ! Bon courage, et vous verrez à quel point cela donne une joie immense, intense, lumineuse, qui éclaire de l’intérieur, et ça se voit à l’extérieur !!

Si vous avez déjà effectué une démarche de résurrection ou si vous êtes en train de penser à le faire, tenez moi au courant, ça m’intéresse !!


Le petit paragraphe de la frustrée des paroles de l’athée de base : être chrétien ce n’est pas seulement croire en en un certain nombre de choses qui ne sont pas scientifiquement prouvées et qui ne le seront jamais, hein. Être chrétien, c’est aussi marcher à la suite d’un homme, oui, un homme, qui nous a montré l’exemple et qui nous a donné une philosophie de vie : comment se construire, comment construire des relations, comment aimer.


« Vive Jésus dans nos cœurs ! », comme disent les enfants ici, à la fin de la prière.



Samedi 16 novembre 2013
Je peux encore ressusciter !

Et BIM.

Et voilà, j’ai pris ma première grosse claque.

Les évaluations des cours rendues par les élèves de 2nde C sont globalement négatives sur le cours de maths (le mien, donc). Et bim, voilà pour ma gueule (désolée, c'est un peu vulgaire). Ils « ne comprennent rien », c’est « trop dur ». (Bon, c’est vrai que tous les élèves disent tout le temps ça, mais là c’est vrai ^^).

Heureusement, je m’en étais rendue compte et j’avais déjà entamé ma remise en question et donc la recherche du problème de fond qui me permet de mettre en place des solutions.

Le problème de fond

J’ai largement surestimé le niveau. (Comme vous le voyez, j’ai encore du mal à prendre les gens comme ils sont, et non pas comme j’aimerais qu’ils soient… Je vous disais que je n’avais pas terminé de changer, en voilà une preuve flagrante ! Cela va bien avec le paragraphe-du-jour précédent, en tous cas ^^)

C’est dû à plusieurs choses : le programme, très lourd, sur lequel, comme tout nouveau prof, je m’appuie fortement (même s’il faut essayer de s’en détacher, c’est difficile quand on a pas grand-chose d’autre auquel s’accrocher). Le livre (collection CIAM) qui, s’il est très bien fait, est en fait beaucoup trop dur pour eux. Ma non connaissance de la situation en arrivant (difficile de se rendre compte du niveau dès le début, quand on a pas pu voir leurs résultats au brevet, leurs copies, etc, et je n’ai pas pensé faire d’évaluation de niveau en début, en partie à cause de mon arrivée tardive…). Enfin, le problème général ici (au Burkina): le niveau demandé est trop élevé par rapport à la vie des élèves. Ne serait-ce que parce que la langue française n’est pas maîtrisée alors que tous les cours sont en français, les élèves trainent des lacunes depuis le primaire !

Les conséquences

Les conséquences : un cours beaucoup trop difficile pour eux (il y a des notions de base qu’ils n’ont même pas, ils ne peuvent donc pas comprendre un certain nombre de nouvelles choses). Ce qui fait qu’ils n’arrivent pas à le suivre, ni à l’apprendre, encore moins à le comprendre. Et c’est la source de tous leurs problèmes : ils ne savent pas faire les exos, ils n’en ont même pas envie.

J’aurai pu, comme certains profs (Agathe, vois-tu de qui je parle ? LFT powa), continuer à ce rythme, considérer qu’ils n’ont qu’à mieux travailler, qu’ils ne bossent pas assez dur ou qu’ils sont « nuls » et tant pis pour eux.
Mais déjà je les aurai perdus pour de bon, et surtout c’est ni mon objectif, ni moi !

La dernière fois que j’ai été élève en maths c’était en prépa, et j’ai parfois tendance à oublier que  ce n’est pas ça la « vraie vie ». Mes élèves ici n’ont pas choisi de faire des maths haut niveau, ils se sont orientés en filière scientifique soit parce qu’ils aiment les sciences, soit parce qu’ils ont des projets qui impliquent de passer par là (genre devenir médecin). Alors, oui, c’est à moi de m’adapter, encore plus que je ne le pensais.


Voilà. Une nouvelle résurrection qui m’est proposée, et je dis oui ! Et ça va beaucoup mieux. Pour moi (parce que je peux faire mon vrai boulot et leur apprendre des trucs, en les prenant tels qu’ils sont), et pour eux (parce que maintenant ils vont comprendre mieux, ça va les motiver, et c’est un cercle vertueux, même si il faut un peu de temps pour le mettre en place).




Mardi 26 novembre 2013
Overbookée

News rapides

Bon, cette fin de trimestre est épuisante et on est surchargés de travail, d’où le peu de nouvelles.
Avec les 2ndeC ça y est, on commence à voir quelques effets de mon changement, ça va mieux ! YES !

Du reste, je suis épuisée, j’ai trop de travail et c’est pas fini. Les compositions, grosses épreuves de fin de trimestre, sont la semaine prochaine. Entre ça, les cours, les sujets à préparer, les corrections, les notes à reporter, les moyennes et appréciations à faire, je suis dé-bor-dée !
Nan mais je vous jure, j’ai fait trois années de prépa : je sais ce que c’est avoir une MASSE de travail. Ben là c’est presque pire parce que ce n’est pas pour moi, donc j’ai pas le droit de me planter…

Mais c’est mon choix, d’avoir accepté cette mission, et je l’assume pleinement ! Et encore, les autres profs ici c’est leur quotidien TOUS LES ANS !!

De toute façon, si on veut faire bien son boulot faut bien le payer en énergie ! C’est aussi l’intérêt d’avoir choisi de partir en mission pour donner un an de sa vie par amour pour les autres. On n’est pas là pour chômer, et on le sait. Mais comme ce n’est pas pour nous, qu’il y a des gens qui comptent sur nous (genre… Les élèves, qu’on voit tous les jours !) on arrive à le faire, à se motiver, à tenir ! Pour eux.
Enfin, quoi qu’il en soit, l’exigence et le travail ça paye toujours, même en dehors de ce cadre de mission. C’est comme ça, par exemple, qu’on arrive à majorer les stages Ingénieur Adjoint dans sa promotion (parait-il !) :p :p :p


Et puis, dans trois semaines c’est les vacances :D Alléluia !!!


***

Instant Spi : à cette place-là dans l’univers
(merci à la DCC pour la Gazette dont je tire cet extrait !)

Pour terminer ce nouvel article un peu moins anecdotique (prochaine fois !), un texte qui va bien (et toujours lié à ma question de l’article [1] : que faire de ses dons ? On reste dans le thème !)


« Je comprends votre anxiété de ne pas être à la hauteur de la tâche. C’est une des grandes peines humaines. Il faut la regarder en face, cette peine, dans la vérité et dans la lumière de Dieu, puisque nous vivons a ce soleil. Ne vous perdez pas en vaines perquisitions intérieures sur ce que vous pouvez bien valoir. Mais dites-vous, catégoriquement, que, pour la réussite de l’œuvre immense de la Création, Dieu n’a besoin que d’une chose : c’est que vous fassiez de votre mieux. Dès lors que vous donnez ce dont vous êtes capable, vous êtes au maximum unie à l’action créatrice : vous ne sauriez être un serviteur plus utile. Comprenez bien ceci, c’est capital : une seule chose importe dans l’existence (pour que votre vie soit pleine), tenir exactement la place voulue de Dieu, qui est marquée, à chaque instant, par l’équilibre s’établissant entre notre effort (pour réussir et nous développer) et la résistance des choses (qui nous limitent). A cette place-là, nous sommes dans l’univers un atome fidèle et souverainement utile, véritablement annexe au Corps et au Cœur du Christ. A défaut de pouvoir sur notre inspiration et notre intelligence, nous avons aussi, ne l’oubliez pas, la ressource d’intensifier notre intention et notre foi. Plus je vais, plus je pense que de ce côté-là notre puissance est prodigieuse. Moins vous vous sentirez forte et assurée de vous-même, plus il faut que vous fortifiez en vous la vue de l’Etre omniprésent à qui vous avez voué votre effort. Le plus humble effort, accompli avec cette conscience aimante d’agir (physiquement) in Christo, a (c’est la foi fondamentale du chrétien) un retentissement sur les vraies fibres du monde qu’aucun ébranlement purement humain ne pourrait produire. Tout ceci revient à vous dire : compensez les déficiences senties par un redoublement de vie intérieure, de vie mystique.  J’ai vu et expérimenté qu’il n‘y avait de vie cohérente que dans la foi débordante en un univers dont tout le mouvement nous sollicite à une suprême union. Je ne songe plus des lors qu’à vivre et réaliser cette foi. »

Pierre Teilhard de Chardin

Lettres à Léontine Zanta




Des bisous de Nouna, et à une prochaine pour la suite !
Avec toute mon amitié et ma prière !