mardi 26 novembre 2013

[5] Ressucito !!!




* Article plutôt de réflexion que d’anecdotes locales *

Moi, bavarde ? Mais quelle idée !!
Note : les premiers articles sont en bas de page, ils ont tous des tailles de mini romans alors bon si vous débarquez seulement maintenant dans ce carnet de voyage et que vous êtes intéressés soyez avertis que cela peut vous prendre un certain temps ^^


***

Pour les éventuels non croyants qui me lisent : j’espère ne pas trop vous ennuyer, car je parle beaucoup de Dieu, de foi et de religion ^^   Mais Il fait tant partie de ma vie et Il me rend tellement heureuse que je ne peux pas ne pas parler de Lui !



Un grand merci à ceux qui envoient de leurs nouvelles, quel bonheur !

Merci aussi pour vos prières, les zamis ! =)


***

Bonne lecture, et bon voyage!




Samedi 9 novembre 2013
Je suis ressuscitée ! :p

“Nos petites résurrections”

Ce soir à la messe, l’homélie ressemblait à un « sermon de pasteur afro américain », genre ce qu’on peut imaginer qu’aurait pu faire Martin Luther King, moi j’ai beaucoup apprécié !

On a abordé le grand thème de la résurrection.

Pour les non chrétiens, un mini-bref éclairage : nous, chrétiens, croyons que Jésus (dont vous avez déjà entendu parler j’en suis sûre !), est « revenu à la vie » après avoir été crucifié (par amour pour les Hommes). Nous n’entrerons pas ici dans les détails de la résurrection du Christ (voyez la Bible pour plus d’informations), mais sachez que cette résurrection n’est pas simplement un retour à la vie terrestre, c’est le passage à une vie nouvelle en Dieu, « aperçu » de ce qui se passera à l’heure de notre mort (puisque nous croyons en la vie éternelle, auprès de Dieu).


L’homélie m’a beaucoup touchée, c’était beau. Je ne peux malheureusement pas utiliser les mêmes mots que le prêtre car je ne m’en souviens pas, mais je vais tenter de vous donner l’idée générale, avec mes mots personnels, et donc ma réflexion perso, inspirée de ce qui a été dit.


Concrètement, ressusciter, ce serait donc « entrer dans une nouvelle vie, aux côtés de Dieu ».
Et c’est là que ça devient intéressant : à chaque fois que nous réussissons à combattre nos « péchés » (nos faiblesses, nos défauts, ce qui nous gâche la vie et gâche aussi celle des autres, qui n’est pas constructif, etc), en fait c’est une « petite » résurrection !  En effet, lorsque nous réussissons à venir à bout des choses qui chez nous sont « mauvaises », destructrices, alors nous nous rapprochons de la sainteté, nous nous rapprochons de ce que Dieu nous demande de devenir, nous nous rapprochons de Lui. Et ce que nous devenons alors est un « aperçu » de ce que nous serons à notre mort, quand nous le rejoindrons.

« Lorsque je soigne mon être intérieur et extérieur,

c’est le début de ma résurrection. »



Conséquences

Cela entraine un certain nombre de choses. Puisque être auprès de Dieu c’est le bonheur, lorsque nous nous « nettoyons » nous nous rapprochons du bonheur. C’est donc une démarche très positive et constructive, comme toutes les démarches à la suite du Christ. Ensuite cela implique que, si Dieu nous promet le bonheur auprès de Lui, il faut que nous en soyons acteurs ! Nous devons choisir de changer.

Mes résurrections

Pour ma part, je suis « ressuscitée » plusieurs fois, mais jusqu’ici ma plus grande résurrection actuelle s’est faite il y a très peu de temps (la plus grande étape s’est à peu près terminée en mai dernier). Je n’entrerai pas dans les détails (trop compliqué, trop personnel aussi). Mais en gros, j’ai entrepris la lourde démarche de changer, d’éliminer les traits de mon caractères qui pourrissaient ma vie et celles des gens qui me côtoyaient, et qui n’étaient pas constructifs. Je n’ai pas terminé, évidemment (la tâche est ardue, vu le nombre de choses à éliminer ^^, et, avec mes faiblesses humaines, je sais qu’il faudra sans cesse y travailler). Mais je suis sur la bonne voie, sur « le chemin de ce que j’ai envie de devenir ».
Ceux qui m’ont connue « avant » peuvent déjà témoigner du changement, et ceux qui m’ont connue « après » peuvent en voir les effets incroyables : je n’ai jamais été aussi heureuse et positive en permanence de ma vie !  =) =)

Et les vôtres ?

Si cela vous intéresse aussi, voilà quelques conseils : d’abord, recherchez ce que vous voulez être, votre objectif. Genre moi je voudrais devenir plus proche des gens, quelqu’un qui essaye de prendre les gens comme ils sont, qui essaye de faire sortir le meilleur de chacun (les dons, cf. article [1]) afin de construire tous ensemble de belles choses. J’ai envie d’aimer plus les gens, individuellement et globalement, comme ils sont.
Ensuite regardez ce que vous êtes actuellement, et qui est contradictoire avec ces objectifs. Intolérante sur certains points, un peu égocentrique, parfois même « méprisante », et qui attend trop des autres (et est donc forcément déçue, par ma faute, puisque quand on attend quelque chose de quelqu’un qui n’est pas capable de nous le donner, c’est qu’on a pas accepté de le voir comme il est).  Comparez et mesurez l’écart. Vous aurez alors une idée du problème et donc de ce que vous pouvez améliorer. De mon côté et bien par exemple j’avais beaucoup de mal à accepter que les gens soient tels qu’ils sont, avec leurs défauts et leurs faiblesses aussi, et non pas tels que j’aurais voulu qu’ils soient.
Procédez par étape en vous donnant de petits objectifs à votre mesure, à la suite les uns des autres (éliminer tel ou tel défaut, mettre en valeur telle ou telle qualité, etc). Pour ma part j’avais déjà fait en sorte de devenir quelqu’un qui n’est pas timide, qui sait sourire et communique donc un peu de bonheur. L’étape suivante c’était (et c’est encore) d’éliminer ces gros traits de caractère qui me rongeaient et me rongent (jalousie presque maladive, intolérance, etc). Une partie de cette étape est terminée, le reste est en cours.

Un changement de soi, ça se prépare, c’est douloureux et c’est long. C’est douloureux parce que ça veut dire qu’on doit se remettre en question, sincèrement et profondément. Il faut avoir le courage de se regarder en face, pour de vrai, avec le plus d’objectivité possible. Et ça peut faire très mal de se voir tel qu’on est réellement. Ensuite il faut l’accepter, parce que ça fait partie de nous. Pour changer, il faut donc abandonner une partie de soi, ce qui est nécessairement douloureux. Si vous le pouvez, faites-vous aider (par des amis de bons conseils, ça marche bien, par exemple ! Et  puisez vos forces dans le Seigneur, Il est toujours à vos côtés et Il vous aime infiniment!)

Une joie qui éclaire de l’intérieur, et ça se voit à l’extérieur !

Mais, parole de quelqu’un qui est récemment passé par là : ça vaut le coup !!!!
Ho oui, ça vaut vraiment le coup !!!

Parce que quand on commence à être sur le chemin de ce qu’on a envie de devenir, on est en accord avec soi-même et, certainement, avec les projets de Dieu pour nous, et alors on devient vraiment profondément heureux !!!! D’un bonheur qui commence par être éclatant lorsqu’on se rend compte qu’on marche sur la bonne voie (les volontaires DCC qui ont suivi la formation FIL en juin dernier peuvent témoigner : ils m’ont rencontrée exactement à ce moment-là !), puis qui est diffus, présent  en permanence, dans notre cœur et dans notre âme. Cela nous porte, nous donne confiance en nous parce qu’on a choisi d’être ce qu’on est, et qu’en plus on a souffert pour y arriver, on est donc réellement acteur et responsable de nous-même: quelle fierté ! Tout en sachant qu’il reste encore à faire, bien sûr.

Se soigner soi-même, pour s’améliorer et se rapprocher de Dieu, c’est indispensable pour ensuite être réellement ouvert aux autres et pouvoir construire des choses avec eux. Parce que si on porte encore nos fardeaux avec difficulté, comment peut-on aider les autres à porter les leurs ? Comment peut-on les aimer pour ce qu’ils sont si on n’aime pas ce qu’on est ? Et, parallèlement, les autres sont aussi là pour nous aider à nous améliorer, avec leur regard, leur ressenti, leurs conseils.

Ma chère prof de maths de MP2 disait souvent « on n’est pas c’qu’on nait, on est c’qu’on d’vient ».

A vous de jouer, pour ceux qui le souhaitent ! Bon courage, et vous verrez à quel point cela donne une joie immense, intense, lumineuse, qui éclaire de l’intérieur, et ça se voit à l’extérieur !!

Si vous avez déjà effectué une démarche de résurrection ou si vous êtes en train de penser à le faire, tenez moi au courant, ça m’intéresse !!


Le petit paragraphe de la frustrée des paroles de l’athée de base : être chrétien ce n’est pas seulement croire en en un certain nombre de choses qui ne sont pas scientifiquement prouvées et qui ne le seront jamais, hein. Être chrétien, c’est aussi marcher à la suite d’un homme, oui, un homme, qui nous a montré l’exemple et qui nous a donné une philosophie de vie : comment se construire, comment construire des relations, comment aimer.


« Vive Jésus dans nos cœurs ! », comme disent les enfants ici, à la fin de la prière.



Samedi 16 novembre 2013
Je peux encore ressusciter !

Et BIM.

Et voilà, j’ai pris ma première grosse claque.

Les évaluations des cours rendues par les élèves de 2nde C sont globalement négatives sur le cours de maths (le mien, donc). Et bim, voilà pour ma gueule (désolée, c'est un peu vulgaire). Ils « ne comprennent rien », c’est « trop dur ». (Bon, c’est vrai que tous les élèves disent tout le temps ça, mais là c’est vrai ^^).

Heureusement, je m’en étais rendue compte et j’avais déjà entamé ma remise en question et donc la recherche du problème de fond qui me permet de mettre en place des solutions.

Le problème de fond

J’ai largement surestimé le niveau. (Comme vous le voyez, j’ai encore du mal à prendre les gens comme ils sont, et non pas comme j’aimerais qu’ils soient… Je vous disais que je n’avais pas terminé de changer, en voilà une preuve flagrante ! Cela va bien avec le paragraphe-du-jour précédent, en tous cas ^^)

C’est dû à plusieurs choses : le programme, très lourd, sur lequel, comme tout nouveau prof, je m’appuie fortement (même s’il faut essayer de s’en détacher, c’est difficile quand on a pas grand-chose d’autre auquel s’accrocher). Le livre (collection CIAM) qui, s’il est très bien fait, est en fait beaucoup trop dur pour eux. Ma non connaissance de la situation en arrivant (difficile de se rendre compte du niveau dès le début, quand on a pas pu voir leurs résultats au brevet, leurs copies, etc, et je n’ai pas pensé faire d’évaluation de niveau en début, en partie à cause de mon arrivée tardive…). Enfin, le problème général ici (au Burkina): le niveau demandé est trop élevé par rapport à la vie des élèves. Ne serait-ce que parce que la langue française n’est pas maîtrisée alors que tous les cours sont en français, les élèves trainent des lacunes depuis le primaire !

Les conséquences

Les conséquences : un cours beaucoup trop difficile pour eux (il y a des notions de base qu’ils n’ont même pas, ils ne peuvent donc pas comprendre un certain nombre de nouvelles choses). Ce qui fait qu’ils n’arrivent pas à le suivre, ni à l’apprendre, encore moins à le comprendre. Et c’est la source de tous leurs problèmes : ils ne savent pas faire les exos, ils n’en ont même pas envie.

J’aurai pu, comme certains profs (Agathe, vois-tu de qui je parle ? LFT powa), continuer à ce rythme, considérer qu’ils n’ont qu’à mieux travailler, qu’ils ne bossent pas assez dur ou qu’ils sont « nuls » et tant pis pour eux.
Mais déjà je les aurai perdus pour de bon, et surtout c’est ni mon objectif, ni moi !

La dernière fois que j’ai été élève en maths c’était en prépa, et j’ai parfois tendance à oublier que  ce n’est pas ça la « vraie vie ». Mes élèves ici n’ont pas choisi de faire des maths haut niveau, ils se sont orientés en filière scientifique soit parce qu’ils aiment les sciences, soit parce qu’ils ont des projets qui impliquent de passer par là (genre devenir médecin). Alors, oui, c’est à moi de m’adapter, encore plus que je ne le pensais.


Voilà. Une nouvelle résurrection qui m’est proposée, et je dis oui ! Et ça va beaucoup mieux. Pour moi (parce que je peux faire mon vrai boulot et leur apprendre des trucs, en les prenant tels qu’ils sont), et pour eux (parce que maintenant ils vont comprendre mieux, ça va les motiver, et c’est un cercle vertueux, même si il faut un peu de temps pour le mettre en place).




Mardi 26 novembre 2013
Overbookée

News rapides

Bon, cette fin de trimestre est épuisante et on est surchargés de travail, d’où le peu de nouvelles.
Avec les 2ndeC ça y est, on commence à voir quelques effets de mon changement, ça va mieux ! YES !

Du reste, je suis épuisée, j’ai trop de travail et c’est pas fini. Les compositions, grosses épreuves de fin de trimestre, sont la semaine prochaine. Entre ça, les cours, les sujets à préparer, les corrections, les notes à reporter, les moyennes et appréciations à faire, je suis dé-bor-dée !
Nan mais je vous jure, j’ai fait trois années de prépa : je sais ce que c’est avoir une MASSE de travail. Ben là c’est presque pire parce que ce n’est pas pour moi, donc j’ai pas le droit de me planter…

Mais c’est mon choix, d’avoir accepté cette mission, et je l’assume pleinement ! Et encore, les autres profs ici c’est leur quotidien TOUS LES ANS !!

De toute façon, si on veut faire bien son boulot faut bien le payer en énergie ! C’est aussi l’intérêt d’avoir choisi de partir en mission pour donner un an de sa vie par amour pour les autres. On n’est pas là pour chômer, et on le sait. Mais comme ce n’est pas pour nous, qu’il y a des gens qui comptent sur nous (genre… Les élèves, qu’on voit tous les jours !) on arrive à le faire, à se motiver, à tenir ! Pour eux.
Enfin, quoi qu’il en soit, l’exigence et le travail ça paye toujours, même en dehors de ce cadre de mission. C’est comme ça, par exemple, qu’on arrive à majorer les stages Ingénieur Adjoint dans sa promotion (parait-il !) :p :p :p


Et puis, dans trois semaines c’est les vacances :D Alléluia !!!


***

Instant Spi : à cette place-là dans l’univers
(merci à la DCC pour la Gazette dont je tire cet extrait !)

Pour terminer ce nouvel article un peu moins anecdotique (prochaine fois !), un texte qui va bien (et toujours lié à ma question de l’article [1] : que faire de ses dons ? On reste dans le thème !)


« Je comprends votre anxiété de ne pas être à la hauteur de la tâche. C’est une des grandes peines humaines. Il faut la regarder en face, cette peine, dans la vérité et dans la lumière de Dieu, puisque nous vivons a ce soleil. Ne vous perdez pas en vaines perquisitions intérieures sur ce que vous pouvez bien valoir. Mais dites-vous, catégoriquement, que, pour la réussite de l’œuvre immense de la Création, Dieu n’a besoin que d’une chose : c’est que vous fassiez de votre mieux. Dès lors que vous donnez ce dont vous êtes capable, vous êtes au maximum unie à l’action créatrice : vous ne sauriez être un serviteur plus utile. Comprenez bien ceci, c’est capital : une seule chose importe dans l’existence (pour que votre vie soit pleine), tenir exactement la place voulue de Dieu, qui est marquée, à chaque instant, par l’équilibre s’établissant entre notre effort (pour réussir et nous développer) et la résistance des choses (qui nous limitent). A cette place-là, nous sommes dans l’univers un atome fidèle et souverainement utile, véritablement annexe au Corps et au Cœur du Christ. A défaut de pouvoir sur notre inspiration et notre intelligence, nous avons aussi, ne l’oubliez pas, la ressource d’intensifier notre intention et notre foi. Plus je vais, plus je pense que de ce côté-là notre puissance est prodigieuse. Moins vous vous sentirez forte et assurée de vous-même, plus il faut que vous fortifiez en vous la vue de l’Etre omniprésent à qui vous avez voué votre effort. Le plus humble effort, accompli avec cette conscience aimante d’agir (physiquement) in Christo, a (c’est la foi fondamentale du chrétien) un retentissement sur les vraies fibres du monde qu’aucun ébranlement purement humain ne pourrait produire. Tout ceci revient à vous dire : compensez les déficiences senties par un redoublement de vie intérieure, de vie mystique.  J’ai vu et expérimenté qu’il n‘y avait de vie cohérente que dans la foi débordante en un univers dont tout le mouvement nous sollicite à une suprême union. Je ne songe plus des lors qu’à vivre et réaliser cette foi. »

Pierre Teilhard de Chardin

Lettres à Léontine Zanta




Des bisous de Nouna, et à une prochaine pour la suite !
Avec toute mon amitié et ma prière !




dimanche 10 novembre 2013

[4] Première sortie de Nouna et De l’amour des élèves






Moi, bavarde ? Mais quelle idée !!
Note : les premiers articles sont en bas de page, ils ont tous des tailles de mini roman alors bon si vous débarquez seulement maintenant dans ce carnet de voyage et que vous êtes intéressés soyez avertis que cela peut vous prendre un certain temps ^^


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Pour les éventuels non croyants qui me lisent : j’espère ne pas trop vous ennuyer, car je parle beaucoup de Dieu, de foi et de religion ^^   Mais Il fait tant partie de ma vie et Il me rend tellement heureuse que je ne peux pas ne pas parler de Lui !

Un grand merci à ceux qui ont donné des nouvelles, quel bonheur !
Merci aussi pour vos prières, les zamis ! =)

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Bonne lecture, et bon voyage!




Dimanche 3 novembre 2013
Voyage voyage & Un anniversaire extraordinaire au sud du pays


On the road to Bobo Dioulasso

Comme prévu, nous avons profité du week end prolongé de la Toussaint pour partir vers le sud. J’ai pris le bus de 14h jeudi 31 octobre en direction de Bobo Dioulasso (grosse ville du sud-ouest, sur la route entre Ouaga et la Côte d’Ivoire). Croyez-le ou non, mais je n’avais jamais pris un véritable bus africain (malgré 18 ans vécus en Malgachie, oui oui. Mais en même temps, comme on y habite, à Madagascar, ben on a une voiture…). Donc bon : c’était ma première fois ! Et j’ai grave kiffé !

J’ai eu de la chance, aussi : le bus n’était pas bondé, on pouvait ouvrir les fenêtres sans problème donc il ne faisait pas trop chaud. De plus, il n’y avait pas d’animaux à l’intérieur, ils étaient dans le coffre. Et sur le toit il n’y avait que des sacs et des motos. Coup de bol, donc ! Seul bémol : j’étais en-dessous du haut-parleur, et ici ils ont un peu la fâcheuse tendance à mettre le volume de la musique vraiment très fort… Heureusement il y avait pas mal de chansons plutôt bonnes (dont encore le fameux Bracket, que j’apprécie beaucoup ! Je vous le conseille !)

Les paysages ont défilé le long de la route, virant du marron sec au vert un peu sec puis au vert un peu plus tendre. Sur un tronçon de piste (route non goudronnée), j’ai pu remarquer quelque chose de rigolo : autour de la route tous les arbres avaient la même couleur rougeâtre. Au début j’ai pensé que c’était un effet dû à la vitre du bus. Et puis j’ai réalisé que j’avais ouvert la fenêtre ^^ En y regardant de plus près, c’était simplement la poussière de la piste qui avait volé sur toutes les feuilles des arbres en bordure de route. Assez étonnant !



 On the road to Banfora & chèvre grillée

Le lendemain, une fois mes colocs arrivés sur Bobo, nous avons pris le premier bus de l’après-midi en direction de Banfora, une ville encore plus au sud où travaillent d’autres coopérants DCC, notre destination finale du week end.

La route vers Banfora est magnifique, il y a du relief ( !!!) et de la verdure ( !!!). Nous avons retrouvé Maxence, que nous connaissions du stage de préparation au départ de juillet, et rencontré Laurence, qui en est à sa deuxième année au Burkina. Tous deux travaillent comme profs coopérants dans un collège tenu par des frères de St Viateur à Banfora. C’était vraiment un plaisir de les voir !! D’autant qu’un barbecue avait été organisé par le corps professoral de leur établissement pour ce jour férié : chèvre grillée au menu !

Heureusement pour moi, nous n’avons pas assisté à la mort des chèvres ni à leur découpe en morceaux… :p

Nous avons rencontré les autres professeurs et partagé ce repas avec eux, face aux terrains de sport de l’établissement. C’était très agréable : le temps était doux et aéré, la chèvre grillée était très bonne et les discussions légères. Les hommes jouaient aux boules (sur un terrain pas plat du tout…), et Maxence a sorti le frisbee : nous avons joué avec quelques enfants, c’était génial ! Perso j’en avais jamais vraiment fait, et à la fin on commençait à avoir un certain coup de main ! ^^




Les dômes de Fabédougou et les cascades de Karfiguéla : amazing birthday !

Le samedi 2 novembre (jour de mes 23 ans !) nous sommes partis en excursion. Nous avons été voir les dômes de Fabédougou, sculptés dans la falaise en grès par les pluies et les vents. Nous en avons escaladé quelques-uns (juste à pied, par des chemins faciles, nous n’avons pas osé tenter la « véritable » escalade, mais pourquoi pas une prochaine fois !). C’était très beau.

Banfora est connue pour être située dans la région des cascades. Près des dômes on peut voir d’énormes tuyaux noirs qui permettent le transport de l’eau qui vient de plus loin, côté cascades. Et, chose étonnante, les tuyaux, malgré leur couleur noire, sont froids ! C’est dû à la température de l’eau qui coule à l’intérieur apparemment.

Nous avons ensuite marché un certain temps dans la broussaille et entre les rochers, pour arriver jusqu’au site des cascades de Karfiguéla.

Note : je suis vraiment fan des noms ici : Fabédougou, Karfiguéla… C’est tellement agréable à prononcer !

Haaaa, les cascades !!! Je ne vous l’ai pas encore dit, mais l’eau c’est mon élément :p J’aiiiiiime l’eau !!! Et à Nouna ça manque beaucoup beaucoup ! Alors se retrouver devant ces magnifiques cascades pour fêter une année de plus sur terre, c’était le bonheur total !

Les cascades de Karfiguéla sont très étendues, ce n’est pas une unique chute d’eau. Il y en a sur plusieurs niveaux, de différentes tailles. La dernière est une grande cascade dans laquelle on ne peut pas se baigner (la chute est trop haute). Mais si on remonte un peu le cours d’eau on peut trouver facilement des points de baignade (en eau peu ou très peu profonde), et de petites chutes sous lesquelles se placer pour être « derrière la cascade » =)

Nous avons pique-niqué à l’ombre, les autres volontaires avaient préparé en secret un gâteau : trop gentils !!!! Nous avons ensuite passé du temps dans l’eau, quel bonheur ! Et, par hasard, nous avons croisé dans l’eau Louis, un autre volontaire DCC qui travaille à Ouagadougou ! C’était trop chouette !

Petite info rigolote (ou pas) :
Les dômes et les cascades, comme de nombreux très beaux sites dans le monde, sont des endroits sacrés pour un certain nombre de personnes. Qui dit endroit sacré dit rituel. Qui dit rituel dit sacrifice. Il n’est donc pas improbable  de trouver en ces lieux, quand on regarde bien, certains restes de sacrifices… Je vous parle de vécu! C’est toujours un peu bizarre de tomber par hasard sur 4 pattes de chèvre attachées par une corde à un arbre. Oui, oui, il y avait juste les pattes, sabots et poils compris. Et ça s’arrêtait au niveau de l’articulation. ERF.

Le soir nous avons repris le bus pour Bobo et avons voyagé de nuit. C’était très agréable : le bus était grand, il faisait frais ! Le soir nous avons dîné avec Louis et son collègue dans un cabaret de Bobo : quel bonheur d’écouter de la musique en live (ici à part la chorale à l’église il n’y a rien ^^), d’être dans cette ambiance de « soirée », ça faisait longtemps !



Retour  pas évident

Le retour à Nouna n’a pas été très facile… De sortir nous a fait réaliser à quel point la région dans laquelle nous sommes est loin d’être la plus sympa et dynamique du pays… Grosso modo, on peut le dire : y se passe rien. Heureusement, finalement, que notre charge de travail est vraiment énorme, comme ça on se rend pas vraiment compte qu’il n’y a pas grand-chose à faire ici et que l’endroit est particulièrement pas très joli… ^^






Mercredi 6 novembre 2013
La mission, elle se vit par amour


Aimer  (ses élèves), c’est c’qui y a d’plus beau (1)

Les élèves sont géniaux. C’est ce qui fait que se lever le matin et bosser comme une malade est un plaisir, parce que les enfants sont trop supers et qu’on a envie de le faire pour eux. Un ami (qui se reconnaîtra) a dit un jour en parlant de la mission : « ce n’est pas seulement avec amour qu’il faut le faire, mais par amour ». Et ici nous est donnée l’occasion de réellement vivre ce don de soi par amour. Deo Gratia !

Mais quand on voit une petite lumière éclairer les yeux de ce qui ont compris la notion, quand on voit le dynamisme de la classe - ils en veulent ces gosses ! – quand on découvre à quel point certains travaillent dur, la difficulté de la tâche s’oublie et ne reste que le bonheur de pouvoir les aider et avancer avec eux.

Je pense particulièrement à mes 5ème (je suis leur prof titulaire) : j’en suis folle ! Mais vraiment, folle ! Une espèce d’instinct maternel ou je ne sais pas quoi, mais ces gosses je les aime à un point ! Ces 44 petites personnes en pleine construction, ces petits cerveaux qui bouillonnent, leurs sourires magnifiques, leurs difficultés à comprendre ou à travailler (ou à se discipliner, pour certains ! ^^), leurs questions (qui parfois me font trop rire !), leurs doutes, leurs craintes (celles que je peux voir ne sont pas encore trop importantes, et tournent surtout autour de leurs notes, à cet âge et pour le moment !). Leur envie de savoir, c’est du carburant pour le moteur de ma motivation ! Quand le chef de classe (délégué) vient me demander si je peux leur donner des cours d’informatique (c’est pas prévu du tout), comment résister ?

Devenir prof de maths en Afrique : check. One more step in the dreams-to-realize-List. Et c’est le Bonheur.




Course nocturne

Ce soir j’ai commencé à courir (il était temps !). Je suis allée au stade à 18h50, il faisait nuit noire. Hé bien, quel bonheur ! La nuit n’était pas trop chaude, le ciel était sublime. Le petit croissant de lune donnait assez de luminosité pour que, dans la nuit, les contours de la piste de course soient perceptibles. Je n’ai donc pas eu besoin d’allumer ma lampe, et ce petit jogging nocturne était vraiment très très agréable ! Et le faire à cet endroit était parfait : pas de risque de cogner un vélo sans lumière, ni de se prendre un caillou dans les pieds puisque la piste est dégagée. En m’arrêtant j’ai remarqué qu’en fait je n’avais pas couru seule…  La musique dans mes oreilles m’avait empêché de l’entendre, et la noirceur de sa peau se fondant dans la nuit m’avait empêché de le voir… Mais nous étions deux coureurs nocturnes à fouler la piste du stade de Nouna de nos pieds.






Vendredi 8 novembre 2013
Discussion avec les élèves de 4ème & Projet de chorale



Les 4èmeB

Les 4ème, je les vois surtout en fin de semaine, comme cet après-midi. A la pause entre nos deux heures, il y en a qui sont venu me demander : « Madame, c’est comment la France ? »

Difficile de réponse à cette question, n’est-ce pas ?
Je leur ai expliqué que de la même manière que Ouagadougou ne ressemble pas à Nouna, on ne peut pas décrire la France de façon simple. Je leur ai un peu parlé de Grenoble et de Paris, dernières villes dans lesquelles je suis passée avant mon départ. Je leur ai parlé des immeubles, des ascenseurs, des montagnes, de la température qui passe dans les négatifs. Et puis de Madagascar, aussi, un peu.

Bon, évidemment, la discussion a tourné en série de questions, de plus en plus personnelles : Vous avez des frères et sœurs ? Ils s’appellent comment ? Ils font quoi ? (Big dédicace à N°2, N°3 et N°4, mes zamours !!! Vous me manquez… Nos fous rires me manquent ! Quand est-ce qu’on rejoue à chabadabada tous ensemble avec papa qui triche ? :p Tiako ianareo bedebe <3 ) Vous avez quel âge ? Vous êtes mariée ? Vous avez des enfants ?

Ils sont tellement trop oufissimement adorables quoi. Si je n’avais pas un diplôme à valider, je resterai bien ici (oui oui, dans cette ville paumée où il se passe rien, mais où les gens sont exceptionnels !)




Caaaaaresse sur l’océaaaaaan (2)

Frère Jérôme m’a dit que l’année dernière il y avait une chorale au CCL. Il a le projet de la remonter cette année, et moi ça me tente graaaaaaaave !! Le Seigneur m’a donné la chance de savoir chanter plutôt bien et d’avoir une bonne oreille musicale : voilà une manière de mettre ce don au service des autres (vous pouvez voir l’article [1] du blog au sujet des dons et de ce qu’on en fait), et de Dieu (parce qu’avec une chorale dans un établissement catho on va pas louper les chants religieux quand même ! Et, amis non croyants, contrairement à ce que vous pourriez imaginer, c’est trop génial aussi les chants religieux ! ;D) et ce avec plaisir !

J’ai bien fait de mettre un certain nombre de partitions dans ma valise, et un certain nombre de musiques avec plusieurs voix sur mon PC !
First dans ma liste : Siyahamba, ce superbe chant zoulou (Afrique du Sud – chant religieux) !





Samedi 9 novembre 2013
Balayage de feuilles (ça a l’air pas intéressant dit comme ça !)


Balayage de feuilles

Cet après-midi des enfants du primaire sont passés (c’est jamais vraiment les mêmes qui viennent, même si Yacinthe est souvent parmi les présents, ainsi qu’en ce moment Lili et Joséphine, deux adorables petites de 8 et 6 ans).
Ils m’ont proposé de faire un truc, je n’ai pas compris le nom de ce qu’ils avaient dit. J’ai demandé si c’était un jeu, mais non, en fait ils voulaient (oui oui, ils voulaient !) balayer notre jardin… ! Bon, c’est vrai qu’avec les feuilles qui sont tombées le « jardin » est gravement pas joli joli, mais d’ici à ce que ce soit une activité qui réjouisse les enfants je n’aurais pas imaginé ! Et pourtant, ils y ont pris du plaisir et ils ont insisté pour bien tout nettoyer ! J’ai évidemment participé, en faisant comme eux : avec les mains. Bon, eux ils le faisaient aussi avec leurs chaussures (pas avec le pied hein: en prenant leur sandale dans la main et en s’en servant comme balai !!), j’ai déniché un petit « balai de brindilles » et un bout de râteau pour qu’ils n’abîment pas trop leurs sandales…

C’était du grand n’importe quoi, la poussière volait partout, les feuilles ont été mises en tas mais on ne savait pas quoi en faire après (normalement ça se brûle mais heu merci vu la quantité c’était limite dangereux), mais ils étaient morts de rire et leur joie m’a gagnée aussi. Après je les ai filmés sur leur demande en train de chanter « Petit papa Noël » (c’est eux qui ont choisi la chanson !). Si on arrive après les mots « petit papa Noël » ben je pense pas que la chanson soit très reconnaissable, ni dans l’air ni dans les paroles ! (« Quand tu descendras du ciiiiel avec des jouets d’amitiéééé » ! – c’est plus joli que les « jouets par milliers », remarque !)

Bon on a trouvé un « projet » pour l’année : faire un film. ERF.  (Je vous ai dit : il y a vraiment rien à faire à Nouna, alors toute activité un peu nouvelle est bonne à prendre pour ces enfants !) Je leur ai expliqué qu’avant de tourner, il faut penser au scénario ! (Et c’est là qu’on remercie les multiples années d’expérience en théâtre, qui s’avèreront sûrement utiles) Voilààà.

J’espère seulement que ça ne leur donnera pas l’envie de devenir acteur, ce qui n’est d’après moi pas une bonne idée de métier (sauf réelle et exceptionnelle vocation) tellement le domaine est difficile (pour en vivre vraiment faut pouvoir sortir du lot et le pourcentage de gens à qui ça arrive est trop faible, et puis c’est un métier de pays riche, où des subventions permettent aux intermittents du spectacle d’avoir de quoi vivre, c’est pas le cas ici).

J’espère aussi que ce « projet » qui n’est pas durable (il repose totalement sur mon appareil photo et mon PC et donc sur ma présence) va leur permettre de s’ennuyer un peu moins sans toutefois qu’ils comptent trop dessus parce que une fois que je serai partie leur vie reprendra son cours normal et « monotone », et je ne souhaite pas que cela se transforme en regrets ou en frustration… Il va falloir jouer finement ! En plus se pose un autre problème : si on fait un film, le seul moyen de le visionner est d’avoir un PC (ou à la rigueur une télé avec entrée usb ou lecteur cassette ou lecteur DVD, à condition de pouvoir enregistrer le film, bref) : pourront-ils le revoir une fois que je serai partie ? Pas sûr !

Et ouais, c’est des questions qu’on ne se pose pas trop, en Europe… Il n’est pas évident de trouver les « bonnes » réponses, ça me tracasse un peu. Au final, je sais que le plus important est la relation que l’on va construire, avec ces enfants-là, qu’on va passer de bons moments ensemble et que c’est surtout ça qui va rester. Mais pour moi c’est facile, après je retrouverai une vie qui est assez palpitante, et j’aurai sur mon PC les photos et les films qui me permettront de bien me souvenir. 
Et eux, alors ?



***





Des bisous de Nouna, et à une prochaine pour la suite !
Avec toute mon amitié et ma prière !




Références

(1) Inspiré de la chanson « Aimer » d’une célèbre comédie musicale

(2) Chanson dans le film Les Choristes