dimanche 10 novembre 2013

[4] Première sortie de Nouna et De l’amour des élèves






Moi, bavarde ? Mais quelle idée !!
Note : les premiers articles sont en bas de page, ils ont tous des tailles de mini roman alors bon si vous débarquez seulement maintenant dans ce carnet de voyage et que vous êtes intéressés soyez avertis que cela peut vous prendre un certain temps ^^


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Pour les éventuels non croyants qui me lisent : j’espère ne pas trop vous ennuyer, car je parle beaucoup de Dieu, de foi et de religion ^^   Mais Il fait tant partie de ma vie et Il me rend tellement heureuse que je ne peux pas ne pas parler de Lui !

Un grand merci à ceux qui ont donné des nouvelles, quel bonheur !
Merci aussi pour vos prières, les zamis ! =)

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Bonne lecture, et bon voyage!




Dimanche 3 novembre 2013
Voyage voyage & Un anniversaire extraordinaire au sud du pays


On the road to Bobo Dioulasso

Comme prévu, nous avons profité du week end prolongé de la Toussaint pour partir vers le sud. J’ai pris le bus de 14h jeudi 31 octobre en direction de Bobo Dioulasso (grosse ville du sud-ouest, sur la route entre Ouaga et la Côte d’Ivoire). Croyez-le ou non, mais je n’avais jamais pris un véritable bus africain (malgré 18 ans vécus en Malgachie, oui oui. Mais en même temps, comme on y habite, à Madagascar, ben on a une voiture…). Donc bon : c’était ma première fois ! Et j’ai grave kiffé !

J’ai eu de la chance, aussi : le bus n’était pas bondé, on pouvait ouvrir les fenêtres sans problème donc il ne faisait pas trop chaud. De plus, il n’y avait pas d’animaux à l’intérieur, ils étaient dans le coffre. Et sur le toit il n’y avait que des sacs et des motos. Coup de bol, donc ! Seul bémol : j’étais en-dessous du haut-parleur, et ici ils ont un peu la fâcheuse tendance à mettre le volume de la musique vraiment très fort… Heureusement il y avait pas mal de chansons plutôt bonnes (dont encore le fameux Bracket, que j’apprécie beaucoup ! Je vous le conseille !)

Les paysages ont défilé le long de la route, virant du marron sec au vert un peu sec puis au vert un peu plus tendre. Sur un tronçon de piste (route non goudronnée), j’ai pu remarquer quelque chose de rigolo : autour de la route tous les arbres avaient la même couleur rougeâtre. Au début j’ai pensé que c’était un effet dû à la vitre du bus. Et puis j’ai réalisé que j’avais ouvert la fenêtre ^^ En y regardant de plus près, c’était simplement la poussière de la piste qui avait volé sur toutes les feuilles des arbres en bordure de route. Assez étonnant !



 On the road to Banfora & chèvre grillée

Le lendemain, une fois mes colocs arrivés sur Bobo, nous avons pris le premier bus de l’après-midi en direction de Banfora, une ville encore plus au sud où travaillent d’autres coopérants DCC, notre destination finale du week end.

La route vers Banfora est magnifique, il y a du relief ( !!!) et de la verdure ( !!!). Nous avons retrouvé Maxence, que nous connaissions du stage de préparation au départ de juillet, et rencontré Laurence, qui en est à sa deuxième année au Burkina. Tous deux travaillent comme profs coopérants dans un collège tenu par des frères de St Viateur à Banfora. C’était vraiment un plaisir de les voir !! D’autant qu’un barbecue avait été organisé par le corps professoral de leur établissement pour ce jour férié : chèvre grillée au menu !

Heureusement pour moi, nous n’avons pas assisté à la mort des chèvres ni à leur découpe en morceaux… :p

Nous avons rencontré les autres professeurs et partagé ce repas avec eux, face aux terrains de sport de l’établissement. C’était très agréable : le temps était doux et aéré, la chèvre grillée était très bonne et les discussions légères. Les hommes jouaient aux boules (sur un terrain pas plat du tout…), et Maxence a sorti le frisbee : nous avons joué avec quelques enfants, c’était génial ! Perso j’en avais jamais vraiment fait, et à la fin on commençait à avoir un certain coup de main ! ^^




Les dômes de Fabédougou et les cascades de Karfiguéla : amazing birthday !

Le samedi 2 novembre (jour de mes 23 ans !) nous sommes partis en excursion. Nous avons été voir les dômes de Fabédougou, sculptés dans la falaise en grès par les pluies et les vents. Nous en avons escaladé quelques-uns (juste à pied, par des chemins faciles, nous n’avons pas osé tenter la « véritable » escalade, mais pourquoi pas une prochaine fois !). C’était très beau.

Banfora est connue pour être située dans la région des cascades. Près des dômes on peut voir d’énormes tuyaux noirs qui permettent le transport de l’eau qui vient de plus loin, côté cascades. Et, chose étonnante, les tuyaux, malgré leur couleur noire, sont froids ! C’est dû à la température de l’eau qui coule à l’intérieur apparemment.

Nous avons ensuite marché un certain temps dans la broussaille et entre les rochers, pour arriver jusqu’au site des cascades de Karfiguéla.

Note : je suis vraiment fan des noms ici : Fabédougou, Karfiguéla… C’est tellement agréable à prononcer !

Haaaa, les cascades !!! Je ne vous l’ai pas encore dit, mais l’eau c’est mon élément :p J’aiiiiiime l’eau !!! Et à Nouna ça manque beaucoup beaucoup ! Alors se retrouver devant ces magnifiques cascades pour fêter une année de plus sur terre, c’était le bonheur total !

Les cascades de Karfiguéla sont très étendues, ce n’est pas une unique chute d’eau. Il y en a sur plusieurs niveaux, de différentes tailles. La dernière est une grande cascade dans laquelle on ne peut pas se baigner (la chute est trop haute). Mais si on remonte un peu le cours d’eau on peut trouver facilement des points de baignade (en eau peu ou très peu profonde), et de petites chutes sous lesquelles se placer pour être « derrière la cascade » =)

Nous avons pique-niqué à l’ombre, les autres volontaires avaient préparé en secret un gâteau : trop gentils !!!! Nous avons ensuite passé du temps dans l’eau, quel bonheur ! Et, par hasard, nous avons croisé dans l’eau Louis, un autre volontaire DCC qui travaille à Ouagadougou ! C’était trop chouette !

Petite info rigolote (ou pas) :
Les dômes et les cascades, comme de nombreux très beaux sites dans le monde, sont des endroits sacrés pour un certain nombre de personnes. Qui dit endroit sacré dit rituel. Qui dit rituel dit sacrifice. Il n’est donc pas improbable  de trouver en ces lieux, quand on regarde bien, certains restes de sacrifices… Je vous parle de vécu! C’est toujours un peu bizarre de tomber par hasard sur 4 pattes de chèvre attachées par une corde à un arbre. Oui, oui, il y avait juste les pattes, sabots et poils compris. Et ça s’arrêtait au niveau de l’articulation. ERF.

Le soir nous avons repris le bus pour Bobo et avons voyagé de nuit. C’était très agréable : le bus était grand, il faisait frais ! Le soir nous avons dîné avec Louis et son collègue dans un cabaret de Bobo : quel bonheur d’écouter de la musique en live (ici à part la chorale à l’église il n’y a rien ^^), d’être dans cette ambiance de « soirée », ça faisait longtemps !



Retour  pas évident

Le retour à Nouna n’a pas été très facile… De sortir nous a fait réaliser à quel point la région dans laquelle nous sommes est loin d’être la plus sympa et dynamique du pays… Grosso modo, on peut le dire : y se passe rien. Heureusement, finalement, que notre charge de travail est vraiment énorme, comme ça on se rend pas vraiment compte qu’il n’y a pas grand-chose à faire ici et que l’endroit est particulièrement pas très joli… ^^






Mercredi 6 novembre 2013
La mission, elle se vit par amour


Aimer  (ses élèves), c’est c’qui y a d’plus beau (1)

Les élèves sont géniaux. C’est ce qui fait que se lever le matin et bosser comme une malade est un plaisir, parce que les enfants sont trop supers et qu’on a envie de le faire pour eux. Un ami (qui se reconnaîtra) a dit un jour en parlant de la mission : « ce n’est pas seulement avec amour qu’il faut le faire, mais par amour ». Et ici nous est donnée l’occasion de réellement vivre ce don de soi par amour. Deo Gratia !

Mais quand on voit une petite lumière éclairer les yeux de ce qui ont compris la notion, quand on voit le dynamisme de la classe - ils en veulent ces gosses ! – quand on découvre à quel point certains travaillent dur, la difficulté de la tâche s’oublie et ne reste que le bonheur de pouvoir les aider et avancer avec eux.

Je pense particulièrement à mes 5ème (je suis leur prof titulaire) : j’en suis folle ! Mais vraiment, folle ! Une espèce d’instinct maternel ou je ne sais pas quoi, mais ces gosses je les aime à un point ! Ces 44 petites personnes en pleine construction, ces petits cerveaux qui bouillonnent, leurs sourires magnifiques, leurs difficultés à comprendre ou à travailler (ou à se discipliner, pour certains ! ^^), leurs questions (qui parfois me font trop rire !), leurs doutes, leurs craintes (celles que je peux voir ne sont pas encore trop importantes, et tournent surtout autour de leurs notes, à cet âge et pour le moment !). Leur envie de savoir, c’est du carburant pour le moteur de ma motivation ! Quand le chef de classe (délégué) vient me demander si je peux leur donner des cours d’informatique (c’est pas prévu du tout), comment résister ?

Devenir prof de maths en Afrique : check. One more step in the dreams-to-realize-List. Et c’est le Bonheur.




Course nocturne

Ce soir j’ai commencé à courir (il était temps !). Je suis allée au stade à 18h50, il faisait nuit noire. Hé bien, quel bonheur ! La nuit n’était pas trop chaude, le ciel était sublime. Le petit croissant de lune donnait assez de luminosité pour que, dans la nuit, les contours de la piste de course soient perceptibles. Je n’ai donc pas eu besoin d’allumer ma lampe, et ce petit jogging nocturne était vraiment très très agréable ! Et le faire à cet endroit était parfait : pas de risque de cogner un vélo sans lumière, ni de se prendre un caillou dans les pieds puisque la piste est dégagée. En m’arrêtant j’ai remarqué qu’en fait je n’avais pas couru seule…  La musique dans mes oreilles m’avait empêché de l’entendre, et la noirceur de sa peau se fondant dans la nuit m’avait empêché de le voir… Mais nous étions deux coureurs nocturnes à fouler la piste du stade de Nouna de nos pieds.






Vendredi 8 novembre 2013
Discussion avec les élèves de 4ème & Projet de chorale



Les 4èmeB

Les 4ème, je les vois surtout en fin de semaine, comme cet après-midi. A la pause entre nos deux heures, il y en a qui sont venu me demander : « Madame, c’est comment la France ? »

Difficile de réponse à cette question, n’est-ce pas ?
Je leur ai expliqué que de la même manière que Ouagadougou ne ressemble pas à Nouna, on ne peut pas décrire la France de façon simple. Je leur ai un peu parlé de Grenoble et de Paris, dernières villes dans lesquelles je suis passée avant mon départ. Je leur ai parlé des immeubles, des ascenseurs, des montagnes, de la température qui passe dans les négatifs. Et puis de Madagascar, aussi, un peu.

Bon, évidemment, la discussion a tourné en série de questions, de plus en plus personnelles : Vous avez des frères et sœurs ? Ils s’appellent comment ? Ils font quoi ? (Big dédicace à N°2, N°3 et N°4, mes zamours !!! Vous me manquez… Nos fous rires me manquent ! Quand est-ce qu’on rejoue à chabadabada tous ensemble avec papa qui triche ? :p Tiako ianareo bedebe <3 ) Vous avez quel âge ? Vous êtes mariée ? Vous avez des enfants ?

Ils sont tellement trop oufissimement adorables quoi. Si je n’avais pas un diplôme à valider, je resterai bien ici (oui oui, dans cette ville paumée où il se passe rien, mais où les gens sont exceptionnels !)




Caaaaaresse sur l’océaaaaaan (2)

Frère Jérôme m’a dit que l’année dernière il y avait une chorale au CCL. Il a le projet de la remonter cette année, et moi ça me tente graaaaaaaave !! Le Seigneur m’a donné la chance de savoir chanter plutôt bien et d’avoir une bonne oreille musicale : voilà une manière de mettre ce don au service des autres (vous pouvez voir l’article [1] du blog au sujet des dons et de ce qu’on en fait), et de Dieu (parce qu’avec une chorale dans un établissement catho on va pas louper les chants religieux quand même ! Et, amis non croyants, contrairement à ce que vous pourriez imaginer, c’est trop génial aussi les chants religieux ! ;D) et ce avec plaisir !

J’ai bien fait de mettre un certain nombre de partitions dans ma valise, et un certain nombre de musiques avec plusieurs voix sur mon PC !
First dans ma liste : Siyahamba, ce superbe chant zoulou (Afrique du Sud – chant religieux) !





Samedi 9 novembre 2013
Balayage de feuilles (ça a l’air pas intéressant dit comme ça !)


Balayage de feuilles

Cet après-midi des enfants du primaire sont passés (c’est jamais vraiment les mêmes qui viennent, même si Yacinthe est souvent parmi les présents, ainsi qu’en ce moment Lili et Joséphine, deux adorables petites de 8 et 6 ans).
Ils m’ont proposé de faire un truc, je n’ai pas compris le nom de ce qu’ils avaient dit. J’ai demandé si c’était un jeu, mais non, en fait ils voulaient (oui oui, ils voulaient !) balayer notre jardin… ! Bon, c’est vrai qu’avec les feuilles qui sont tombées le « jardin » est gravement pas joli joli, mais d’ici à ce que ce soit une activité qui réjouisse les enfants je n’aurais pas imaginé ! Et pourtant, ils y ont pris du plaisir et ils ont insisté pour bien tout nettoyer ! J’ai évidemment participé, en faisant comme eux : avec les mains. Bon, eux ils le faisaient aussi avec leurs chaussures (pas avec le pied hein: en prenant leur sandale dans la main et en s’en servant comme balai !!), j’ai déniché un petit « balai de brindilles » et un bout de râteau pour qu’ils n’abîment pas trop leurs sandales…

C’était du grand n’importe quoi, la poussière volait partout, les feuilles ont été mises en tas mais on ne savait pas quoi en faire après (normalement ça se brûle mais heu merci vu la quantité c’était limite dangereux), mais ils étaient morts de rire et leur joie m’a gagnée aussi. Après je les ai filmés sur leur demande en train de chanter « Petit papa Noël » (c’est eux qui ont choisi la chanson !). Si on arrive après les mots « petit papa Noël » ben je pense pas que la chanson soit très reconnaissable, ni dans l’air ni dans les paroles ! (« Quand tu descendras du ciiiiel avec des jouets d’amitiéééé » ! – c’est plus joli que les « jouets par milliers », remarque !)

Bon on a trouvé un « projet » pour l’année : faire un film. ERF.  (Je vous ai dit : il y a vraiment rien à faire à Nouna, alors toute activité un peu nouvelle est bonne à prendre pour ces enfants !) Je leur ai expliqué qu’avant de tourner, il faut penser au scénario ! (Et c’est là qu’on remercie les multiples années d’expérience en théâtre, qui s’avèreront sûrement utiles) Voilààà.

J’espère seulement que ça ne leur donnera pas l’envie de devenir acteur, ce qui n’est d’après moi pas une bonne idée de métier (sauf réelle et exceptionnelle vocation) tellement le domaine est difficile (pour en vivre vraiment faut pouvoir sortir du lot et le pourcentage de gens à qui ça arrive est trop faible, et puis c’est un métier de pays riche, où des subventions permettent aux intermittents du spectacle d’avoir de quoi vivre, c’est pas le cas ici).

J’espère aussi que ce « projet » qui n’est pas durable (il repose totalement sur mon appareil photo et mon PC et donc sur ma présence) va leur permettre de s’ennuyer un peu moins sans toutefois qu’ils comptent trop dessus parce que une fois que je serai partie leur vie reprendra son cours normal et « monotone », et je ne souhaite pas que cela se transforme en regrets ou en frustration… Il va falloir jouer finement ! En plus se pose un autre problème : si on fait un film, le seul moyen de le visionner est d’avoir un PC (ou à la rigueur une télé avec entrée usb ou lecteur cassette ou lecteur DVD, à condition de pouvoir enregistrer le film, bref) : pourront-ils le revoir une fois que je serai partie ? Pas sûr !

Et ouais, c’est des questions qu’on ne se pose pas trop, en Europe… Il n’est pas évident de trouver les « bonnes » réponses, ça me tracasse un peu. Au final, je sais que le plus important est la relation que l’on va construire, avec ces enfants-là, qu’on va passer de bons moments ensemble et que c’est surtout ça qui va rester. Mais pour moi c’est facile, après je retrouverai une vie qui est assez palpitante, et j’aurai sur mon PC les photos et les films qui me permettront de bien me souvenir. 
Et eux, alors ?



***





Des bisous de Nouna, et à une prochaine pour la suite !
Avec toute mon amitié et ma prière !




Références

(1) Inspiré de la chanson « Aimer » d’une célèbre comédie musicale

(2) Chanson dans le film Les Choristes

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