mardi 26 novembre 2013

[5] Ressucito !!!




* Article plutôt de réflexion que d’anecdotes locales *

Moi, bavarde ? Mais quelle idée !!
Note : les premiers articles sont en bas de page, ils ont tous des tailles de mini romans alors bon si vous débarquez seulement maintenant dans ce carnet de voyage et que vous êtes intéressés soyez avertis que cela peut vous prendre un certain temps ^^


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Pour les éventuels non croyants qui me lisent : j’espère ne pas trop vous ennuyer, car je parle beaucoup de Dieu, de foi et de religion ^^   Mais Il fait tant partie de ma vie et Il me rend tellement heureuse que je ne peux pas ne pas parler de Lui !



Un grand merci à ceux qui envoient de leurs nouvelles, quel bonheur !

Merci aussi pour vos prières, les zamis ! =)


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Bonne lecture, et bon voyage!




Samedi 9 novembre 2013
Je suis ressuscitée ! :p

“Nos petites résurrections”

Ce soir à la messe, l’homélie ressemblait à un « sermon de pasteur afro américain », genre ce qu’on peut imaginer qu’aurait pu faire Martin Luther King, moi j’ai beaucoup apprécié !

On a abordé le grand thème de la résurrection.

Pour les non chrétiens, un mini-bref éclairage : nous, chrétiens, croyons que Jésus (dont vous avez déjà entendu parler j’en suis sûre !), est « revenu à la vie » après avoir été crucifié (par amour pour les Hommes). Nous n’entrerons pas ici dans les détails de la résurrection du Christ (voyez la Bible pour plus d’informations), mais sachez que cette résurrection n’est pas simplement un retour à la vie terrestre, c’est le passage à une vie nouvelle en Dieu, « aperçu » de ce qui se passera à l’heure de notre mort (puisque nous croyons en la vie éternelle, auprès de Dieu).


L’homélie m’a beaucoup touchée, c’était beau. Je ne peux malheureusement pas utiliser les mêmes mots que le prêtre car je ne m’en souviens pas, mais je vais tenter de vous donner l’idée générale, avec mes mots personnels, et donc ma réflexion perso, inspirée de ce qui a été dit.


Concrètement, ressusciter, ce serait donc « entrer dans une nouvelle vie, aux côtés de Dieu ».
Et c’est là que ça devient intéressant : à chaque fois que nous réussissons à combattre nos « péchés » (nos faiblesses, nos défauts, ce qui nous gâche la vie et gâche aussi celle des autres, qui n’est pas constructif, etc), en fait c’est une « petite » résurrection !  En effet, lorsque nous réussissons à venir à bout des choses qui chez nous sont « mauvaises », destructrices, alors nous nous rapprochons de la sainteté, nous nous rapprochons de ce que Dieu nous demande de devenir, nous nous rapprochons de Lui. Et ce que nous devenons alors est un « aperçu » de ce que nous serons à notre mort, quand nous le rejoindrons.

« Lorsque je soigne mon être intérieur et extérieur,

c’est le début de ma résurrection. »



Conséquences

Cela entraine un certain nombre de choses. Puisque être auprès de Dieu c’est le bonheur, lorsque nous nous « nettoyons » nous nous rapprochons du bonheur. C’est donc une démarche très positive et constructive, comme toutes les démarches à la suite du Christ. Ensuite cela implique que, si Dieu nous promet le bonheur auprès de Lui, il faut que nous en soyons acteurs ! Nous devons choisir de changer.

Mes résurrections

Pour ma part, je suis « ressuscitée » plusieurs fois, mais jusqu’ici ma plus grande résurrection actuelle s’est faite il y a très peu de temps (la plus grande étape s’est à peu près terminée en mai dernier). Je n’entrerai pas dans les détails (trop compliqué, trop personnel aussi). Mais en gros, j’ai entrepris la lourde démarche de changer, d’éliminer les traits de mon caractères qui pourrissaient ma vie et celles des gens qui me côtoyaient, et qui n’étaient pas constructifs. Je n’ai pas terminé, évidemment (la tâche est ardue, vu le nombre de choses à éliminer ^^, et, avec mes faiblesses humaines, je sais qu’il faudra sans cesse y travailler). Mais je suis sur la bonne voie, sur « le chemin de ce que j’ai envie de devenir ».
Ceux qui m’ont connue « avant » peuvent déjà témoigner du changement, et ceux qui m’ont connue « après » peuvent en voir les effets incroyables : je n’ai jamais été aussi heureuse et positive en permanence de ma vie !  =) =)

Et les vôtres ?

Si cela vous intéresse aussi, voilà quelques conseils : d’abord, recherchez ce que vous voulez être, votre objectif. Genre moi je voudrais devenir plus proche des gens, quelqu’un qui essaye de prendre les gens comme ils sont, qui essaye de faire sortir le meilleur de chacun (les dons, cf. article [1]) afin de construire tous ensemble de belles choses. J’ai envie d’aimer plus les gens, individuellement et globalement, comme ils sont.
Ensuite regardez ce que vous êtes actuellement, et qui est contradictoire avec ces objectifs. Intolérante sur certains points, un peu égocentrique, parfois même « méprisante », et qui attend trop des autres (et est donc forcément déçue, par ma faute, puisque quand on attend quelque chose de quelqu’un qui n’est pas capable de nous le donner, c’est qu’on a pas accepté de le voir comme il est).  Comparez et mesurez l’écart. Vous aurez alors une idée du problème et donc de ce que vous pouvez améliorer. De mon côté et bien par exemple j’avais beaucoup de mal à accepter que les gens soient tels qu’ils sont, avec leurs défauts et leurs faiblesses aussi, et non pas tels que j’aurais voulu qu’ils soient.
Procédez par étape en vous donnant de petits objectifs à votre mesure, à la suite les uns des autres (éliminer tel ou tel défaut, mettre en valeur telle ou telle qualité, etc). Pour ma part j’avais déjà fait en sorte de devenir quelqu’un qui n’est pas timide, qui sait sourire et communique donc un peu de bonheur. L’étape suivante c’était (et c’est encore) d’éliminer ces gros traits de caractère qui me rongeaient et me rongent (jalousie presque maladive, intolérance, etc). Une partie de cette étape est terminée, le reste est en cours.

Un changement de soi, ça se prépare, c’est douloureux et c’est long. C’est douloureux parce que ça veut dire qu’on doit se remettre en question, sincèrement et profondément. Il faut avoir le courage de se regarder en face, pour de vrai, avec le plus d’objectivité possible. Et ça peut faire très mal de se voir tel qu’on est réellement. Ensuite il faut l’accepter, parce que ça fait partie de nous. Pour changer, il faut donc abandonner une partie de soi, ce qui est nécessairement douloureux. Si vous le pouvez, faites-vous aider (par des amis de bons conseils, ça marche bien, par exemple ! Et  puisez vos forces dans le Seigneur, Il est toujours à vos côtés et Il vous aime infiniment!)

Une joie qui éclaire de l’intérieur, et ça se voit à l’extérieur !

Mais, parole de quelqu’un qui est récemment passé par là : ça vaut le coup !!!!
Ho oui, ça vaut vraiment le coup !!!

Parce que quand on commence à être sur le chemin de ce qu’on a envie de devenir, on est en accord avec soi-même et, certainement, avec les projets de Dieu pour nous, et alors on devient vraiment profondément heureux !!!! D’un bonheur qui commence par être éclatant lorsqu’on se rend compte qu’on marche sur la bonne voie (les volontaires DCC qui ont suivi la formation FIL en juin dernier peuvent témoigner : ils m’ont rencontrée exactement à ce moment-là !), puis qui est diffus, présent  en permanence, dans notre cœur et dans notre âme. Cela nous porte, nous donne confiance en nous parce qu’on a choisi d’être ce qu’on est, et qu’en plus on a souffert pour y arriver, on est donc réellement acteur et responsable de nous-même: quelle fierté ! Tout en sachant qu’il reste encore à faire, bien sûr.

Se soigner soi-même, pour s’améliorer et se rapprocher de Dieu, c’est indispensable pour ensuite être réellement ouvert aux autres et pouvoir construire des choses avec eux. Parce que si on porte encore nos fardeaux avec difficulté, comment peut-on aider les autres à porter les leurs ? Comment peut-on les aimer pour ce qu’ils sont si on n’aime pas ce qu’on est ? Et, parallèlement, les autres sont aussi là pour nous aider à nous améliorer, avec leur regard, leur ressenti, leurs conseils.

Ma chère prof de maths de MP2 disait souvent « on n’est pas c’qu’on nait, on est c’qu’on d’vient ».

A vous de jouer, pour ceux qui le souhaitent ! Bon courage, et vous verrez à quel point cela donne une joie immense, intense, lumineuse, qui éclaire de l’intérieur, et ça se voit à l’extérieur !!

Si vous avez déjà effectué une démarche de résurrection ou si vous êtes en train de penser à le faire, tenez moi au courant, ça m’intéresse !!


Le petit paragraphe de la frustrée des paroles de l’athée de base : être chrétien ce n’est pas seulement croire en en un certain nombre de choses qui ne sont pas scientifiquement prouvées et qui ne le seront jamais, hein. Être chrétien, c’est aussi marcher à la suite d’un homme, oui, un homme, qui nous a montré l’exemple et qui nous a donné une philosophie de vie : comment se construire, comment construire des relations, comment aimer.


« Vive Jésus dans nos cœurs ! », comme disent les enfants ici, à la fin de la prière.



Samedi 16 novembre 2013
Je peux encore ressusciter !

Et BIM.

Et voilà, j’ai pris ma première grosse claque.

Les évaluations des cours rendues par les élèves de 2nde C sont globalement négatives sur le cours de maths (le mien, donc). Et bim, voilà pour ma gueule (désolée, c'est un peu vulgaire). Ils « ne comprennent rien », c’est « trop dur ». (Bon, c’est vrai que tous les élèves disent tout le temps ça, mais là c’est vrai ^^).

Heureusement, je m’en étais rendue compte et j’avais déjà entamé ma remise en question et donc la recherche du problème de fond qui me permet de mettre en place des solutions.

Le problème de fond

J’ai largement surestimé le niveau. (Comme vous le voyez, j’ai encore du mal à prendre les gens comme ils sont, et non pas comme j’aimerais qu’ils soient… Je vous disais que je n’avais pas terminé de changer, en voilà une preuve flagrante ! Cela va bien avec le paragraphe-du-jour précédent, en tous cas ^^)

C’est dû à plusieurs choses : le programme, très lourd, sur lequel, comme tout nouveau prof, je m’appuie fortement (même s’il faut essayer de s’en détacher, c’est difficile quand on a pas grand-chose d’autre auquel s’accrocher). Le livre (collection CIAM) qui, s’il est très bien fait, est en fait beaucoup trop dur pour eux. Ma non connaissance de la situation en arrivant (difficile de se rendre compte du niveau dès le début, quand on a pas pu voir leurs résultats au brevet, leurs copies, etc, et je n’ai pas pensé faire d’évaluation de niveau en début, en partie à cause de mon arrivée tardive…). Enfin, le problème général ici (au Burkina): le niveau demandé est trop élevé par rapport à la vie des élèves. Ne serait-ce que parce que la langue française n’est pas maîtrisée alors que tous les cours sont en français, les élèves trainent des lacunes depuis le primaire !

Les conséquences

Les conséquences : un cours beaucoup trop difficile pour eux (il y a des notions de base qu’ils n’ont même pas, ils ne peuvent donc pas comprendre un certain nombre de nouvelles choses). Ce qui fait qu’ils n’arrivent pas à le suivre, ni à l’apprendre, encore moins à le comprendre. Et c’est la source de tous leurs problèmes : ils ne savent pas faire les exos, ils n’en ont même pas envie.

J’aurai pu, comme certains profs (Agathe, vois-tu de qui je parle ? LFT powa), continuer à ce rythme, considérer qu’ils n’ont qu’à mieux travailler, qu’ils ne bossent pas assez dur ou qu’ils sont « nuls » et tant pis pour eux.
Mais déjà je les aurai perdus pour de bon, et surtout c’est ni mon objectif, ni moi !

La dernière fois que j’ai été élève en maths c’était en prépa, et j’ai parfois tendance à oublier que  ce n’est pas ça la « vraie vie ». Mes élèves ici n’ont pas choisi de faire des maths haut niveau, ils se sont orientés en filière scientifique soit parce qu’ils aiment les sciences, soit parce qu’ils ont des projets qui impliquent de passer par là (genre devenir médecin). Alors, oui, c’est à moi de m’adapter, encore plus que je ne le pensais.


Voilà. Une nouvelle résurrection qui m’est proposée, et je dis oui ! Et ça va beaucoup mieux. Pour moi (parce que je peux faire mon vrai boulot et leur apprendre des trucs, en les prenant tels qu’ils sont), et pour eux (parce que maintenant ils vont comprendre mieux, ça va les motiver, et c’est un cercle vertueux, même si il faut un peu de temps pour le mettre en place).




Mardi 26 novembre 2013
Overbookée

News rapides

Bon, cette fin de trimestre est épuisante et on est surchargés de travail, d’où le peu de nouvelles.
Avec les 2ndeC ça y est, on commence à voir quelques effets de mon changement, ça va mieux ! YES !

Du reste, je suis épuisée, j’ai trop de travail et c’est pas fini. Les compositions, grosses épreuves de fin de trimestre, sont la semaine prochaine. Entre ça, les cours, les sujets à préparer, les corrections, les notes à reporter, les moyennes et appréciations à faire, je suis dé-bor-dée !
Nan mais je vous jure, j’ai fait trois années de prépa : je sais ce que c’est avoir une MASSE de travail. Ben là c’est presque pire parce que ce n’est pas pour moi, donc j’ai pas le droit de me planter…

Mais c’est mon choix, d’avoir accepté cette mission, et je l’assume pleinement ! Et encore, les autres profs ici c’est leur quotidien TOUS LES ANS !!

De toute façon, si on veut faire bien son boulot faut bien le payer en énergie ! C’est aussi l’intérêt d’avoir choisi de partir en mission pour donner un an de sa vie par amour pour les autres. On n’est pas là pour chômer, et on le sait. Mais comme ce n’est pas pour nous, qu’il y a des gens qui comptent sur nous (genre… Les élèves, qu’on voit tous les jours !) on arrive à le faire, à se motiver, à tenir ! Pour eux.
Enfin, quoi qu’il en soit, l’exigence et le travail ça paye toujours, même en dehors de ce cadre de mission. C’est comme ça, par exemple, qu’on arrive à majorer les stages Ingénieur Adjoint dans sa promotion (parait-il !) :p :p :p


Et puis, dans trois semaines c’est les vacances :D Alléluia !!!


***

Instant Spi : à cette place-là dans l’univers
(merci à la DCC pour la Gazette dont je tire cet extrait !)

Pour terminer ce nouvel article un peu moins anecdotique (prochaine fois !), un texte qui va bien (et toujours lié à ma question de l’article [1] : que faire de ses dons ? On reste dans le thème !)


« Je comprends votre anxiété de ne pas être à la hauteur de la tâche. C’est une des grandes peines humaines. Il faut la regarder en face, cette peine, dans la vérité et dans la lumière de Dieu, puisque nous vivons a ce soleil. Ne vous perdez pas en vaines perquisitions intérieures sur ce que vous pouvez bien valoir. Mais dites-vous, catégoriquement, que, pour la réussite de l’œuvre immense de la Création, Dieu n’a besoin que d’une chose : c’est que vous fassiez de votre mieux. Dès lors que vous donnez ce dont vous êtes capable, vous êtes au maximum unie à l’action créatrice : vous ne sauriez être un serviteur plus utile. Comprenez bien ceci, c’est capital : une seule chose importe dans l’existence (pour que votre vie soit pleine), tenir exactement la place voulue de Dieu, qui est marquée, à chaque instant, par l’équilibre s’établissant entre notre effort (pour réussir et nous développer) et la résistance des choses (qui nous limitent). A cette place-là, nous sommes dans l’univers un atome fidèle et souverainement utile, véritablement annexe au Corps et au Cœur du Christ. A défaut de pouvoir sur notre inspiration et notre intelligence, nous avons aussi, ne l’oubliez pas, la ressource d’intensifier notre intention et notre foi. Plus je vais, plus je pense que de ce côté-là notre puissance est prodigieuse. Moins vous vous sentirez forte et assurée de vous-même, plus il faut que vous fortifiez en vous la vue de l’Etre omniprésent à qui vous avez voué votre effort. Le plus humble effort, accompli avec cette conscience aimante d’agir (physiquement) in Christo, a (c’est la foi fondamentale du chrétien) un retentissement sur les vraies fibres du monde qu’aucun ébranlement purement humain ne pourrait produire. Tout ceci revient à vous dire : compensez les déficiences senties par un redoublement de vie intérieure, de vie mystique.  J’ai vu et expérimenté qu’il n‘y avait de vie cohérente que dans la foi débordante en un univers dont tout le mouvement nous sollicite à une suprême union. Je ne songe plus des lors qu’à vivre et réaliser cette foi. »

Pierre Teilhard de Chardin

Lettres à Léontine Zanta




Des bisous de Nouna, et à une prochaine pour la suite !
Avec toute mon amitié et ma prière !




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