mercredi 5 février 2014

[8] La parenté à plaisanterie


 

Note : les premiers articles sont en bas du blog, ils ont tous des tailles de mini romans alors bon si vous débarquez seulement maintenant dans ce carnet de voyage et que vous êtes intéressés soyez avertis que cela peut vous prendre un certain temps ^^

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Un petit article culturel sur la parenté à plaisanterie, qui est typique du Burkina. Je trouve l’article écrit dans le livret d’accueil du Consulat de France à Ouagadougou très bien, je ne pense pas pouvoir faire mieux donc je vous le copie simplement ci-dessous.

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Bonne lecture, et bon voyage!


Jeudi 16 janvier 2014
Véritable « ciment social au Burkina Faso »


Au Burkina Faso, la parenté à plaisanterie est une pratique légendaire qui existe entre les ethnies, les clans ou des individus de générations différentes. Cette pratique traditionnelle permet de calmer les tensions au sein des communautés.

A la mort d’un San, un Moaga (singulier de Mossi, ndlr) rentre dans la tombe. Les gens meurtris croyaient qu’il allait attraper le corps pour le coucher à terre. On le lui donna, mais il le repoussa. Le manège dura si longtemps que cela provoqua une irritation au sein de la foule. Mais le Moaga était venu de Ouagadougou avec les fils et filles du défunt c’est qui donnèrent de l’argent en expliquant à la foule qu’il était un allié à plaisanterie. Ainsi il sortit de la tombe et laissa continuer la cérémonie d’enterrement. En remettant l’argent au Moaga, les fils du défunt lui dirent « c’’est pour couvrir les frais de carburant. »

Ce témoignage extrait de l’ouvrage du chercheur burkinabè, Joseph Alain Sissao, « Alliance et parenté à plaisanterie au Burkina Faso », explique en partie l’ancrage de ces pratiques dans les sociétés traditionnelles au Burkina Faso.

Chez les Mossi, le Rakiré (la parenté à plaisanterie) se fait également à l’intérieur du clan. Lorsqu’une vieille personne décède dans une famille, les membres de la famille alliée tournent en dérision la situation de deuil par une parodie de réjouissance. Elle va jusqu’à souhaiter à la famille éplorée que des situations similaires se produisent tous les jours, afin qu’elle puisse danser le Warba (dans traditionnelle Moaga).

Pour le professeur Albert Ouédraogo, de l’Université de Ouagadougou, cette façon de célébrer le deuil contribue à dédramatiser la mor : « Il faut faire en sorte que la famille ne sombre pas dans ce qu’on appelle le deuil pathologique. Un individu est mort, mais faites en sorte que sa disparition ne tue pas le groupe. Et c’est aux parents à plaisanterie d’assumer ce rôle. »

Le « vieux » Abdoul Salam Zoungrana (67 ans) se souvient avec nostalgie « Lorsque nous étions encore jeunes, on assistait aux décès et aux funérailles des vieilles personnes avec une certaine ferveur. Même si on était malheureux à la perte d’un proche, les membres des familles alliées venaient dérider la situation et on finissait par oublier un peu son chagrin. Ces parents à plaisanterie vous assistent en réalité pendant longtemps. »

« En 1966, le Burkina Faso a échappé à une crise grâce à la parenté à plaisanterie »

Les bienfaits de la parenté à plaisanterie sont nombreux. Elle participe d’une façon ou d’une autre à apaiser les tensions dans les familles, et entre les différents clans de la société. Selon le professeur Albert Ouédraogo, le Burkina Faso, à l’époque Haute-Volta, a connu une rupture institutionnelle sans effusion de sang aux premières heures de son indépendance grâce à la parenté à plaisanterie. Le soulèvement populaire du  3 janvier 1966 conduisit le Président Maurice Yaméogo à abandonner les rênes du pouvoir.

« Un Mossi allait perdre le pouvoir sur un espace majoritairement Moaga. Et qui l’a remplacé ? Un San, Sangoulé Lamizana, un parent à plaisanterie. De façon inconsciente, la parenté à apaisé les esprits sans que les gens ne s’en rendent compte », explique le professeur Ouédraogo. Dans l’exercice de la parenté, il est interdit de proférer des injures à l’endroit de son allié ou de verser son sang.

La parenté à plaisanterie se vit aussi au quotidien et n’est pas rare d’entendre un burkinabè présenter un parent à plaisanterie comme étant « son esclave », s’ensuit généralement toute une série de moqueries et provocations auxquelles le parent à plaisanterie se doit de répondre dans la bonne humeur. Ainsi, un Bobo reprochera à un Peul de laisser son bétail détruire les cultures, tandis qu’un Peul raillera un Bobo sur sa prétendue consommation excessive d’alcool. Traditionnellement, celui qui ne respecte pas les règles de ces joutes verbales, en réagissant, par exemple, de façon violente ou agressive, se voit blâmé par son propre clan.

La parenté à plaisanterie se pratique aussi au Mali et en Côte d’Ivoire.

Cette pratique sociale ne peut être située dans le temps. Plusieurs mythes entourent son existence dans la tradition burkinabè. Selon Albert Ouédraogo, tous les parents à plaisanterie au Burkina Faso ont d’abord entretenu des relations conflictuelles avant de nouer des alliances.

Textes de Ozias Kiemtoré.


A l’attention d’Ousmane (GI 2A nm) : HAHA ! Dans la liste des ethnies et de leurs parents à plaisanterie, les Peuls en ont TELLEMENT que j’ai même la flemme de recopier ça ! xD



Mercredi 5 février 2014
Bientôt : la sortie du collège !

Samedi 8, tout l’établissement du CCL partira pour une sortie en brousse (marche, pique-nique, et jeux). Chaque classe s’organise depuis un moment pour préparer ça, les plus jeunes sont aidés par leurs titulaires.
J’ai donc pris le rôle de chef de projet pour mes 5e :p  On s’est organisés en équipes (Team Matériel, Team Courses, Team Eau pour la vaisselle, Team Animation, etc), on fait des brainstormings, des listes, des plannings, etc. Ou « De l’utilité d’avoir une formation d’ingé en génie industriel » ! HAHA !

Vendredi la Team Poisson vient découper et pré-cuire le poisson dans mon jardin… Je sens qu’on va bien s’marrer !! Et moi je me suis inscrite dans la Team Eau (ceux qui font la vaisselle samedi), ça va être kro kro rigolo aussi :p :p J’ai trop hâte ! :D
J’vous raconterai, et dès que possible j’essaierai de mettre les photos qui vont avec  :)

Des bisous de Nouna, et à une prochaine pour la suite !
Avec toute mon amitié et ma prière !

Allah ka houla héré (Que Dieu garde votre soirée dans la paix)

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