dimanche 31 août 2014

[18] Less than two days left in Land of upright people, this is the end of such an amazing adventure!




Sorry, je n’ai pas de photo perso à associer à cet article. Déjà, mon appareil perso est gâté, mais aussi j’oublie tout le temps de sortir celui que Patrice m’a gentiment prêté… 
Et puis je ne vois pas vraiment ce qui pourrait illustrer ce dernier article, en fait… Donc bon !



Samedi 30 août 2014

L’heure du Grand Départ / Retour a sonné


Quitter Nouna…

Bon. Voilà. Je suis actuellement à Ouagadougou depuis mardi soir, je profite de mes derniers jours sur le sol burkinabé depuis la capitale.




Petites peintures qui illustrent bien certaines parties du quotidien au Burkina:






 "La vie dans un six mètre" 
(un six mètres c'est en gros un lot de maisons entre deux rues parallèles)



Un puit


J’ai quitté Nouna mardi à 14h, après cinq jours passés à ranger quelques romans dans la bibliothèque, faire tailler mes derniers vêtements, ranger la « villa » qui attendra l’arrivée des nouveaux coopérants, faire mes valises et surtout, surtout, dire au revoir à tout le monde ! J’ai réussi à voir pratiquement tous les amis et élèves qui étaient là. Malheureusement j’en ai aussi raté quelques-uns, je leur demande pardon, le temps m’était un peu compté…

Il faut dire qu’entre le départ en vacances des élèves fin mai, et mon long séjour à Koudougou, j’avais déjà commencé à faire mes adieux, du coup ces cinq jours c’était un peu du « bonus ».

J’ai, entre autres, eu la chance de chanter le psaume en duo pour ma dernière messe à Nouna ; pu faire un dernier tour à la Paillote, au Panama, au Sémou ; lors de ma dernière nuit à Nouna, le lundi, j’ai encore appris plein de choses, notamment qu’il y avait un lien entre Maître Gims / Sexion d’Assaut et Wati B (ouais ouais, la fille qui débarque trop quoi !).

Gildas, que je n’avais pas pu contacter à mon retour car il n’a pas de téléphone (normal, en CM2) et j’étais incapable de retrouver sa maison (surtout avec les changements de paysage dus à la pluie), a pu venir me dire au revoir à la toute dernière minute grâce à son grand frère ! Et il a versé quelques petites larmes discrètes, troooooooop mignon !!!

Voilà. C’était pas difficile, franchement, juste un peu just-in-time !



Mais où sont les larmes ?

Je réalise d’ailleurs que je me suis tellement bien préparée à ce départ, que finalement je suis peut-être même trop préparée… Est-ce que c’est possible ?

Comme je vous le disais (et cela se voit aussi dans les articles, cf. l’article [12] par exemple ^^), je fais mes adieux petit à petit depuis fin mai. Quelqu’un de Koudougou a dit : « Quand tu viens au Burkina, il te faut un mois pour dire bonjour (en référence à l’importance des salutations), et il t’en faut quatre pour dire au revoir (en référence au grand nombre d’amis que tu te fais et auxquels tu dois dire au revoir) ». Sans le savoir, j’ai bien appliqué cette citation ! Et finalement, à deux jours du décollage de l’avion qui me ramènera vers la France, je ne ressens aucune tristesse, aucun pincement au cœur, rien de cela. Comme je me suis bien blindée, et que j'ai l'intime conviction que je reviendrai au Burkina un jour, je ne suis pas triste de partir.

Je ne sais pas si c’est bien ou pas, mais on dirait que j’aurais aimé verser quelques larmes, je crois que ça me donnerait l’impression d’être encore plus - comment dire ? -  vivante… ? Et pourtant, comment pourrait-on être plus vivante que je ne le suis ?  Tout cela est un peu brouillon et contradictoire, j’en ai bien conscience. [Rien à voir mais ça me rappelle mon épreuve de théâtre au bac, quand, sur la fin, les examinateurs m’ont donné comme consigne d’improvisation : « prouvez-nous que vous êtes vivante »]

Enfin, le séjour n’a pas encore touché à sa fin, les larmes viendront peut-être plus tard, peut-être même une fois le sol français touché, qui sait ? Mais, si elles viennent, il faudra s’en réjouir ! Car si ces larmes seront des larmes un peu tristes d’un départ et de quitter tant de gens, elles seront surtout une preuve palpable de tout l’amour que je porte désormais à ce peuple, à ces enfants, à ces amis.


« Toi, tu es une véritable africaine ! »

A cette heure proche de mon départ, je dois avouer que LA phrase qui me rend heureuse et que j’ai eu la chance d’entendre de nombreuses fois, c’est celle-là : « Toi tu es une véritable africaine ! »

Je l’ai toujours su, d’abord, que j’étais africaine, non mais ho ! HAHA. Nan, mais, pour de vrai, quand on a passé toute son enfance et adolescence (plus de 17 ans !) dans un pays d’Afrique (bon, même si les malgaches rechignent beaucoup à dire que Madagascar c’est l’Afrique, on parle ici de géographie, y a pas débat dêh), comment peut-on se sentir autrement ? Mon corps même est adapté à l’Afrique : je n’y tombe jamais malade, contrairement à quand je suis en France !!

D’où une question intéressante : qu’est-ce qui fait de nous une française ou une africaine ou une quoi quoi quoi ?

Bien sûr, dans la définition de base, j’imagine que c’est simplement une histoire de nationalité, donc d’un peu de sang/ de gênes, et/ou d’un bout de papier, grosso modo.
Mais derrière cette nationalité, dire qu’on est français ou africain ou autre c’est aussi une GRANDE question d’appartenance à un peuple, à une culture, à une histoire, à l'Histoire (avec un grand H), et, moi j’ajouterai, d’amour (faut croire que c’est mon mot d’ordre depuis que j’ai choisi de partir en mission…) D’amour pour ce peuple auquel on dit appartenir, d’amour pour cette culture à laquelle on se relie, d’amour pour cette histoire/Histoire qu’on a vécu ou que nos parents ont vécu et que nous vivons encore.
Comment quelqu’un pourrait-il affirmer « je suis français » sans aimer la France, et les français auxquels il se rattache par les mots qu’il prononce ? Comment quelqu’un pourrait-il affirmer « je suis africain » sans aimer l’Afrique ses peuples et ses cultures ?

Du coup, moi, comme quand j’étais plus jeune, je dis : 
je suis de nationalité et d'éducation française, mais mon cœur est en Afrique

Et cette expérience au Burkina confirme ce sentiment d’appartenance au peuple africain. Non, je ne suis pas noire de peau. Oui, il y a des morceaux culturels de l’Afrique que je ne pourrais jamais adopter (comme les histoires de sorcellerie, qui sont pourtant très présentes dans la culture africaine). Mais ma manière de vivre, ma culture et surtout mon histoire, si elles sont évidemment portées par une éducation européenne qui vient de mon sang (mes parents, leurs parents, toussa), ont leurs racines profondément ancrées dans le sol de la chaleureuse Afrique. Et je suis heureuse de constater que ce sentiment que j’ai d’être africaine est ici, en Afrique même, pleinement accepté et reconnu par ceux qui m’ont côtoyée.

Pour la petite histoire : j’ai les bonnes couleurs pour mon départ vers la France, bleu, blanc, rouge !!! Et oui, blanc, c’est ma couleur de peau (que j’ai essayé de bronzer un peu à Kdg avec la piscine, mais bon c’est pas encore ça ^^). Bleu et rouge c’est les couleurs que mes jambes ont prises suite à deux petits « accidents » : je suis tombée, presque à l’arrêt, à vélo, à Nouna (la chaîne a lâché). La honte! Mais comme c’était sur une route de terre caillouteuse ça a fait des dégâts un peu gros :p Et sinon j’ai escaladé un mur. Du coup rouge c’est les plaies qui sont encore visibles, et bleu c’est autour de ces plaies. 
MA-GNI-FIQUE, je suis. ERF.




Bilan : « j’ai gagné une famille »

Je ne vois pas comment faire un bilan de tout ce que j’ai vécu ici, c’est impossible ! Il y a tant à dire, et tant de choses qui ne peuvent pas se dire mais seulement se vivre !

Pour résumer, je pense que je peux simplement dire : 

« J’ai gagné une famille ».


« Gagner », c’est le verbe utilisé pour remplacer le verbe « avoir », expression locale donc !
Ma famille burkinabée se compose de plus d’une centaine d’enfants (mes élèves !), de frères, de sœurs, et même de mamans !, dans plusieurs villes (Nouna, Ouaga, Kdg et même Lyon !).

Bien sûr, rien ne remplace ma famille biologique (big up à vous, j’vous aime trop ! :p ), mais disons que cela vient la compléter. Et puis, ne sommes-nous pas, nous humains, tous frères et sœurs en Christ ? (Pardon pour ceux qui ne comprennent pas cette phrase, mais je vous l’ai jamais caché moi je suis chrétienne, pratiquante, et j’aime TROP Dieu quoi !)

Il y a plein de choses que je pensais vivre qui ne sont pas arrivées (je n’ai pas avancé du tout sur la guitare, je n’ai toujours pas lu la Bible, je n’ai pas eu le palu ( \o/ YEAH), entre autres), et il y a des millions de choses auxquelles je ne m’attendais pas qui sont arrivées (cette nouvelle famille, tout l’amour que j’ai pour mes enfants et pour le peuple burkinabé, tous les fous rires, des centaines d’amis, un fort ressentiment envers la profession de griottes, les litres de bière que j’ai dû ingurgiter, la chance de savoir toujours m’émerveiller de tant de choses, les nouveaux pas de danse que j’ai pu apprendre, le Clip-dub que les élèves ont beaucoup aimé tourner et que la communauté entière des Frères a apprécié (ils ont même parlé d’en faire un pour chaque établissement au Burkina !), toutes ces belles rencontres, la liste est trop longue !)




Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir !

Je l’ai déjà dit plusieurs fois dans ma vie, mais, encore une fois : maintenant, je peux mourir heureuse. Depuis plusieurs années déjà, je sais que si le Seigneur décide de me rappeler à Lui, j’aurai vécu tout ce que je pouvais vivre, et au maximum, et j’en suis heureuse. La mort ne m’a jamais effrayée (c’est plutôt la douleur qui pourrait l’accompagner qui peut m’effrayer), car, en tant que chrétienne, je crois (je sais !) que la mort signifie seulement la fin de notre vie terrestre, mais que nous rejoignons Dieu et tous nos potes « Là-Haut ». Du coup, vous savez tous qu’à mon enterrement, quel qu’en soit le jour, ce sera la BIG FIESTA quoi !!!

Mais en attendant je suis encore là. Dieu seul sait pour combien de temps, mais on est là ! Et tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.


    => J’espère que je vous retrouverai tous en bonne santé !!!  

   => J’espère que je garderai plein d’expressions burkinabées que j’aime trop (« bon, voilà » ; « vous êtes invité ! » ; « de monter ? » ; « Yelkabé ! Yassouma ! » ; « Dieu merci ! » ; « faut faire pardon ! » ; « Merci de ton merci » ; « On est là » ; « trop, même ! » ; « en tout cas ! » ; « un peu un peu » ; « j’ai duré de manger poisson braisé dêh ! » ; « Hé, mon ami ! Feu est rouge, t’as oublié tes verres ou bien ? Que de me laisser passer ! Pardon, mon ami, faut laisser passer! Pardon ! Allez, quitte là-bas!» etc.) et l’accent qui va avec bien sûr !!!

=> J’espère que je perdrai certaines habitudes qui pourraient vraiment choquer mes compatriotes, parce que comme je serai dans leur (heu…notre !) pays, c’est à moi de me ré-adapter à eux. Du genre si je peux éviter de dire à la serveuse « faut envoyer la note » à la fin du repas, par habitude (c’est pas de l’impolitesse, c’est juste comme ça ici, rapide, efficace, sans difficulté :p), ce serait pas mal ! (petit clin d’œil !)

=> J’espère, enfin, de tout mon cœur, que je reviendrai au Burkina, Inch’Allah, dans pas trop longtemps !!!!! 

  

Pour terminer, la chanson qui passe dans TOUS les maquis actuellement: Sitya Loss, de l'artiste ougandais Eddy Kenzo, dont le clip est tourné en mode "local" dans un village (avec les gens du village et des images qu'on peut voir en vrai, pour changer des clips à la mode "USA" avec grosses voitures et filles à moitié nues!): Enjoy!




 Il ne me restera plus que le Clip-dub à publier une fois une connexion digne de ce nom trouvée en France :p



Des bisous de Ouagadougou, avec toute mon amitié et ma prière !

Que Dieu vous accompagne, où que vous soyez. Qu’Il vous accorde la force et le courage d’aimer toujours, parce que l’amour, y a trop que ça de vrai même !

Et bonne aventure aux nouveaux volontaires !
 




dimanche 17 août 2014

[17] Derniers jours à Koudougou



Mon nouveau parfum, que je mets plusieurs fois par jour ?
Lotion Anti-Moustiques ++
Vive la saison des pluies !



Pour voir les photos en grand, suffit de cliquer dessus :)




Jeudi  7 août 2014
THE mariage

Pour rappel, le week end dernier j’étais à Ouaga pour le mariage de ma « grande sœur »  (dans le sens burkinabé du terme, actually c’est la grande sœur biologique d’Ousmane, vous savez, ce fameux GI :p).

Je n’entrerais pas dans les détails, mais le mariage a commencé le vendredi (mariage religieux et un peu traditionnel, avec grande préparation de la mariée), a continué le samedi (civil à la mairie de Ouaga, lunch, et fête dans la famille), et s’est « terminé » le dimanche, avec le départ de la mariée de la maison familiale.

C’était OUFISSIME. Il y avait un monde DINGUE, de la famille venue du Mali et du Niger, gépacompté mais on devait être une bonne trentaine à dormir dans la famille de la mariée quoi ! C’était rigolo, on mettait les matelas par terre dans le salon et tout, bonne ambiance !!

La mariée était sublime ! :D
Ousmane avait préparé une bonne surprise : il a pris l’avion en France le vendredi, pour être là le samedi. Malheureusement, Air Algérie a annulé son vol (bon, on peut comprendre un peu, mais quand même…), du coup Ousmane n’a pu être là que le samedi soir… Mais bon, au moins il était là !

Voilà !

Note : y a quand même un truc que je déteste au Burkina. Ce sont les griottes. Elles me fatiiiiiiguent !!! Elles viennent crier des trucs dans mes oreilles et après elles demandent de l’argent pour m’avoir explosé les tympans. Sérieux !! Ok, c’est culturel, du coup je dis rien, mais ARG. Ce qui m’étonne, c’est que même les burkinabés se plaignent des griottes, du coup je vois vraiment pas leur intérêt :p




J'ai pu accompagner Laurence et Maxence à l'aéroport pour leur Grand Départ, le vendredi soir


Séance photo, avec les jolies demoiselles d'honneur




 Ousmane et sa sublime grande soeur




Vendredi 8 août 2014
Le « Grand Retour » approche
Marion, toi tu te prépares à un départ pour une belle aventure à Kdg,
NE LIS PAS CE PARAGRAPHE LA !

Le « retour en France », ou « un nouveau départ » : ça se prépare !
Bon, moi j’ai beau être française de sang et aussi beaucoup de culture, j’ai parfois beaucoup de mal à dire que je « retourne » en France. Je dirais plutôt : je retourne finir mes études à Grenoble, avant de repartir de nouveau, un jour ! :p

Enfin quoi qu’il en soit, je retourne quand même en France dans un mois puisque c’est de France que je suis partie pour venir ici. Bref.

Comme nous le rappelle la DCC, le retour est un nouveau départ. On a été préparés au départ, il faut aussi préparer le retour. Car revenir d’une mission, c’est pas évident. Quand on a vécu une année si intense, si riche en rencontres, si forte en vécu, si extraordinaire, ce n’est pas facile. En particulier, quitter une Afrique si chaleureuse pour retrouver une France si froide, je trouve ça difficile. La France a cette mauvaise réputation d’être un pays de râleurs, et franchement c’est pas faux… Heureusement, il y a plein d’exceptions à la règle !!

Du coup, je me prépare doucement au retour/départ. J’ai commencé en mai, quand j’ai commencé à préparer mes adieux aux élèves (à mes enfants !), et puis ça va en accélérant. Mais je suis contente, je pense avoir profité de chaque minute possible avec les enfants et les amis, jusqu’ici ! C’est plus facile aussi quand on a déjà vécu de grands adieux (quand j’ai quitté Madagascar après mon bac), et qu’on a l’habitude de faire l’aller-retour vers l’Afrique fréquemment. Bref.

Petit programme joyeux à l’arrivée

Du coup, pour bien préparer mon arrivée en France, j’ai prévu un petit programme sympa : atterrissage à Paris CDG le 2 septembre, accueillie par la maman qui restera quelques jours supplémentaires en France rien que pour son aînée, avant de s’envoler pour la Grande Île. Paris, avec N°2 et N°3 (qui fêtera ses 18 ans bientôt, ce petit !), les amis. Lille, pour voir la future maman et son choupi (et tous ceux qui seront dispos ! Faites signe, amis du ch’Nord !). Grenoble, pour s’installer dans une super coloc’ liée à Isèreanybody ? (la paroisse des jeunes du diocèse de Grenoble-Vienne) en lien avec une aumônerie : au TOP !!! Et reprise des cours le 22 septembre (un petit tour à Lyon ou Toulouse ou Taizé ou Brézins peut-être entre temps, si possible !) Vous êtes évidemment invités !

Les premiers mois vont passer trèèèès vite ! Avec un bon gros séjour en famille à Madagascar pour Noël, une recherche de stage de fin d’études pour février, toussa toussa.


 




Sur la route du travail (oui oui, c'est le même endroit, ce sont les nuages qui font cet effet là!!)


 

Lundi 11 août 2014
Encore un week end animé à Kdg !

Ce week end, Louis (volontaire DCC qui travaille à Ouaga) est venu visiter Koudougou. On a visité le musée d’Issouka, on a été à la messe, fait un tour au Stade de France, et on a mangé plein de sandwiches à l’avocat. :p



Louis et un petit voisin venu nous rendre visite



Jubilé d’argent de la chorale du quartier Bourkina

La chorale d’un gros quartier de Koudougou (Bourkina) fêtait son jubilé d’argent ce week end, et du coup des chorales de plusieurs villes du Faso avaient été invitées à venir prester au Théâtre Populaire (TP). Et parmi ces chorales, il y avait celle de Nouna !! Cela faisait plaisir de revoir les nounanais ! Et ils ont très bien chanté et dansé !!



Un bout du parking devant le TP


Toutes les chorales ensemble pour le début du concert, pour chanter Comme Toi de JJ Goldman!



 La chorale de Nouna






Mercredi 13 août 2014
Kdg, où tout est possible, 
et « De l’obsession du blanc »


La troisième ville du Faso

Koudougou (Kdg) est considérée comme la 3e ville du Faso. Bon, sincèrement, elle a pas la taille de Ouaga ou de Bobo, y a carrément moins de trucs, et en plus c’est pas hyper touristique. Mais c’est une grosse ville quand même, on sent bien la différence avec Nouna. Enfin de toutes façons moi je trouve que le Burkina c’est plus qu’un pays, c’est un gros village. Tout le monde a de la famille ici ou là, vraiment c’est un petit monde ! Plus petit que Mada, biiiiien plus petit que la France !

Comme pour tout, y a des avantages et des inconvénients. Genre tu peux pas te fondre dans la masse, tes faits et gestes sont connus un peu, mais d’un autre côté quand tu connais toujours quelqu’un qui connait quelqu’un, t’as des amis partout (puisque les amis de mes amis sont mes amis !).

Pour infos, de ce que j’ai pu voir pour le moment, à Kdg il y a :
-          La plus grosse boîte de nuit de toute l’Afrique de l’Ouest (l’Excellence) [pas encore été]
-          Le Stade de France, THE maquis branché
-          Le TP, ou Théâtre Populaire, un genre de théâtre ouvert (qui fait penser au colisée, enfin de loiiin quoi)
-         La Réunion (LE resto qui fait des plats un peu européens, genre pizzas, fromage de chèvre, steack au roquefort, fondant au chocolat,  etc)
-        Le musée d’Issouka (un petit musée très sympa, qu’on a visité avec Louis, avec des photos qui datent de l’époque de la colonisation, des objets culturels, et un guide qui s’y connait ! A faire !)
-      La piscine du « Coco Beach » (que je déconseille aux européens trop sensibles car elle est pas nettoyée super souvent, mais sinon moi je la trouve bien - pour faire de vraies longueurs c’est pas top parce que le fond est un peu bas d’un côté, mais ça passe ! Et le maître-nageur est hyper sympa !)
-    Les brochettes d’Ange Aristide, que vous pouvez trouver au maquis à la Place de la Nation (elles sont vraiment bonnes ! C’est 100 francs 100 francs [ie 100FCFA la brochette])
-      Le Jardin du Maire (ou Jardin les « 4R »), maquis resto avec wifi gratuit :p
-  Les chorales du quartier Bourkina et de la cathédrales sont vraiment SUPERS ! 
-       J’oublie certainement plein de trucs, mais bon…


Tout est possible…

Je disais dans le précédent article (enfin, je crois), en ayant repiqué la phrase à quelqu’un, que le Burkina est un pays où tout est possible car rien n’est jamais sûr. Rien n’est jamais sûr, cela fait référence à la vie quotidienne, qui se joue un peu au jour le jour, parfois il y a à manger, parfois y a la galère, parfois y a une bonne récolte, parfois non, parfois le bus part à l’heure, parfois non, quand tu donnes rdv, il y a toujours une marge de plus ou moins deux heures, etc.
Du coup, les gens s’adaptent rapidement (ou attendent patiemment, aussi). Mais tout est possible. Tu peux rater un car de la STT Kdg - Nouna et finir par trouver une « occasion » (c’est le nom donné dans ce cas), ie un petit bus qui part pour Bamako et qui te déposera en passant [oui, c’est du vécu, pour ceux qui ont facebook c’est le fameux « bus africain sur la route du Mali de nuit"].

BREF.

Du coup, disais-je, tout est possible. Et par une histoire un peu compliquée de connaissances d’amis, je me retrouve programmée pour prester demain soir au Stade de France (celui de Kdg hein, pas celui de Paris, HAHA, faut pas commencer trop high level non plus quoi :p). Je chanterai une chanson à la fin de la demi-finale du concours de karaoké (comme guest, pas comme candidate ^^). Clairement, ça n’aurait pas été possible dans un autre endroit. Et je pense, bien sûr, que ma couleur de peau a, malheureusement, joué en ma faveur. 



« Nasara ! Nasara ! Le blanc ! »

En passant, ça c’est un truc qui m’a beaucoup étonnée au Burkina, notamment à Koudougou. C’est difficile à imaginer si on ne le vit pas en vrai, mais il y a une forme d’obsession du blanc, ici. C’est beaucoup plus que de la naïve curiosité.
=>  Beaucoup de garçons que j’ai côtoyé (élèves, jeunes et moins jeunes avec qui on discute dans la rue, etc) veulent, je cite textuellement, « épouser une blanche ». Même des jeunes éduqués comme mes élèves ! Franchement, quand nous (les femmes européennes qui ont poussé les études, en gros) on en est à avoir des critères de plus en plus exigeants pour trouver un éventuel mari un jour, je sais même pas ce que ça veut dire « épouser une blanche ». Alors à chaque fois je demande : n’importe laquelle ? Même si elle est méchante ? Et là ils s’embrouillent dans des explications plus ou moins douteuses qui montrent bien que c’est un peu un réflexe de « survie » de dire ça.
=>  Les boutiques REGORGENT de pommades / crèmes pour éclaircir la peau !!!! J’hallucine, j’vous jure !!!! Et y a plein de femmes qui en utilisent !! Déjà avec ce qu’il y a dedans (j’ai pas regardé en détail mais j’imagine, surtout qu’ici y a pas trop de normes exigeantes sur les produits vendus…), ça doit être une intoxication épidermique assurée ! Ensuite, une crème ça peut PAS s’étaler de manière parfaitement homogène, du coup ça fait gendre des tâches, POUAH.
=>  Il y a toujours des enfants, ou des adultes !, qui viennent te voir, même pas bonjour ou quoi, direct « hé blanc ! Donne moi l’argent ! »… J’hallucine. (Nan mais sérieux, même au BUREAU y a des gens qui débarquent "je veux l'argent"... !!) Et les enfants sont TOUJOURS en train de dire « je veux bonbon » ou « je veux chocolat ». C’est quoi ce délire ? Y a écrit « distributeur de bouffe gratuite » sur mon front  ?? Enfin, évidemment, s’ils continuent à le faire c’est que ça doit marcher de temps en temps, du coup merci aux touristes de passage qui font du tourisme non durable en refilant des pièces à tout va, ce qui fait croire aux gens que tous les blancs sont riches… La solidarité ok, oui, mais une solidarité réfléchie et durable (en investissant dans des assos ou des projets) c’est quand même mieux, non ?
=>  Il y a toujours quelque chose qui te rappelle que tu n’es pas de la même couleur. Que ce soit à la Poste où on te fait passer en premier, les enfants dans la rue qui veulent ABSOLUMENT te saluer (même si t’es à 40 à l’heure en moto, oui oui !!), soit en venant te tendre la main soit en criant « Le blanc !! » (bon, et l’accord au féminin il est où ?) ou « Nasara ! » (qui signifie blanc en mooré), au marché où même les adultes t’appellent « Blanc ! » pour que tu viennes absolument regarder ce qu’ils vendent, et même les amis qui finiront un jour ou l’autre par dire « vous les blancs » ou « nous les noirs ».


Nan mais sérieux, ça veut dire quoi ? « Vous les blancs ». Y en a des milliards des blancs, en Europe, en Amérique, en Asie, on a pas la même culture selon les pays, les régions, c’est quoi cette généralité trop nulle ? Et puis, c’est marrant parce que ici tout le monde suit le foot, du coup les gens devraient avoir remarqué que des français y en a plein qui sont noirs. Personnellement, je vois pas les couleurs. C’est pas un problème de vue, mais avec Madagascar où on était plein de gens de plein d’origines différentes, je fais jamais attention, et même souvent je suis incapable de dire si quelqu’un qui n’est pas présent est noir ou blanc ou quoi sans réfléchir un peu d’abord. Du coup ça me choque vraiment ici, cette espèce de séparation raciale.
Evidemment, il y a des exceptions à la règle, beaucoup d’amis qui ne prennent pas ça en compte du tout. Mais au quotidien c’est un peu fatiguant d’être sans cesse traité différemment à cause de la couleur de peau. Bon, je sais que c’est peut-être mal approprié de me plaindre alors que je suis « du bon côté » (une forme de "racisme positif" puisqu'on est considérés comme riches ou quoi), mais vraiment, c’est fatiguant.


Voilà. Pardon pour ce paragraphe un peu énervé, mais à Koudougou je me sens vraiment oppressée par cette différence de couleur de peau, contrairement à Nouna (malgré les « toubabou ! » des enfants là bas), ou même à Madagascar (enfin, après ptèt que mes souvenirs sont un peu déformés aussi, c'est très possible!! A Mada aussi, bien sûr, le blanc est synonyme de riche et on est en permanence sollicités pour se marier "hé, sssérrrrie, tu veux m'épouser?" ou de l'argent. Mais y a pas de crèmes pour éclaircir!!). Et même en France, je trouve que de ce côté-là franchement on est bien, on s’en fout. Mais après ptèt que c’est mon point de vue de blanche, je sais pas… ?





Dimanche 17 août 2014
Prestation et week end prolongé bien rempli


Prestation

Bon, on dirait que ça s’est bien passé. J’ai fait ma petite chanson, j’ai eu droit aux « bissez ! bissez ! » (du verbe « bisser », qui vient du mot « bis » :p), voilà :)


Photo prise par Charlène (merci!) [Ouais nan mais cette fois ma tête (ma coiffure) était un peu ratée quoi :p]



Bon petit week end

Ce week end (15 août compris) j’ai accueilli des amis d’amis, Charlène et Clément. On a fait plein de trucs ! Mais on a raté la messe le matin du 15. Du coup on a pas fêté dignement l’Assomption, mais on s’est rattrapés avec une petite lecture d’évangile (merci Louis pour le Prions en Eglise Editions Africaines d’août !) et le chant Couronnée d’étoiles à la maison ! Sinon le programme était en gros : Stade de France x2 (dont le salon VIP, avec de gros fous rires, notamment en observant les gens qui dansent en se regardant dans le miroir, ils sont magiques !), bonnes bouffes, notamment au Jardin du Marie, un tour au marché, un tour au musée d’Issouka (bis) avec Fulgence (un des jeunes du quartier) qui nous a accompagnés, un tour à la caserne des pompiers (à côté de l’université).

Nos amis français ont raté le bus pour Bobo le samedi (en passant on vous déconseille fortement le tailleur qui est au B02-05 au marché ! :p), mais cela nous a permis d’assister à une très belle messe à la cathédrale le samedi soir (et le chant de sortie était… « Couronnée d’étoiles » !!! J’aime trop !!!), et de faire un tour au Kundé (maquis dansant) avec les petits frères du quartier.


Les photos ci-dessous ont été prises par Charlène et Clément, merci à eux!


Photo du Naaba au musée d'Issouka


Sur la moto, avec Fulgence


Charlène et Clément


 Maintenant je maîtrise pratiquement la moto HAHA! (Sauf quand y a un gros trafic de nuit avec un camion qui roule en centre ville + des trous dans la route + un arbre tombé au milieu, là c'est un tout petit peu plus difficile... ^^)



Bientôt le retour à Nouna !

Normalement, je quitte Koudougou mardi soir (14h) pour retourner sur Nouna. Je dis normalement parce que j’ai déjà un peu repoussé mon départ, prévu à l’origine pour être là-bas le 15…

Mais bon, maintenant il est l’heure de retourner boucler mes valises, trier les romans de la bibliothèque du CCL et dire au revoir ! Y a déjà plein de gens qui m’appellent pour savoir pourquoi je ne suis toujours pas rentrée :p 

Ensuite je partirai sur Ouaga vers le 25, pour terminer là-bas.




Pour finir, un petit montage Paint pour vous montrer un peu comment se fait un tissage ;)






Des bisous de Koudougou, avec toute mon amitié et ma prière !
Wend a conde beogo! (Que Dieu nous accorde demain, en mooré)