dimanche 31 août 2014

[18] Less than two days left in Land of upright people, this is the end of such an amazing adventure!




Sorry, je n’ai pas de photo perso à associer à cet article. Déjà, mon appareil perso est gâté, mais aussi j’oublie tout le temps de sortir celui que Patrice m’a gentiment prêté… 
Et puis je ne vois pas vraiment ce qui pourrait illustrer ce dernier article, en fait… Donc bon !



Samedi 30 août 2014

L’heure du Grand Départ / Retour a sonné


Quitter Nouna…

Bon. Voilà. Je suis actuellement à Ouagadougou depuis mardi soir, je profite de mes derniers jours sur le sol burkinabé depuis la capitale.




Petites peintures qui illustrent bien certaines parties du quotidien au Burkina:






 "La vie dans un six mètre" 
(un six mètres c'est en gros un lot de maisons entre deux rues parallèles)



Un puit


J’ai quitté Nouna mardi à 14h, après cinq jours passés à ranger quelques romans dans la bibliothèque, faire tailler mes derniers vêtements, ranger la « villa » qui attendra l’arrivée des nouveaux coopérants, faire mes valises et surtout, surtout, dire au revoir à tout le monde ! J’ai réussi à voir pratiquement tous les amis et élèves qui étaient là. Malheureusement j’en ai aussi raté quelques-uns, je leur demande pardon, le temps m’était un peu compté…

Il faut dire qu’entre le départ en vacances des élèves fin mai, et mon long séjour à Koudougou, j’avais déjà commencé à faire mes adieux, du coup ces cinq jours c’était un peu du « bonus ».

J’ai, entre autres, eu la chance de chanter le psaume en duo pour ma dernière messe à Nouna ; pu faire un dernier tour à la Paillote, au Panama, au Sémou ; lors de ma dernière nuit à Nouna, le lundi, j’ai encore appris plein de choses, notamment qu’il y avait un lien entre Maître Gims / Sexion d’Assaut et Wati B (ouais ouais, la fille qui débarque trop quoi !).

Gildas, que je n’avais pas pu contacter à mon retour car il n’a pas de téléphone (normal, en CM2) et j’étais incapable de retrouver sa maison (surtout avec les changements de paysage dus à la pluie), a pu venir me dire au revoir à la toute dernière minute grâce à son grand frère ! Et il a versé quelques petites larmes discrètes, troooooooop mignon !!!

Voilà. C’était pas difficile, franchement, juste un peu just-in-time !



Mais où sont les larmes ?

Je réalise d’ailleurs que je me suis tellement bien préparée à ce départ, que finalement je suis peut-être même trop préparée… Est-ce que c’est possible ?

Comme je vous le disais (et cela se voit aussi dans les articles, cf. l’article [12] par exemple ^^), je fais mes adieux petit à petit depuis fin mai. Quelqu’un de Koudougou a dit : « Quand tu viens au Burkina, il te faut un mois pour dire bonjour (en référence à l’importance des salutations), et il t’en faut quatre pour dire au revoir (en référence au grand nombre d’amis que tu te fais et auxquels tu dois dire au revoir) ». Sans le savoir, j’ai bien appliqué cette citation ! Et finalement, à deux jours du décollage de l’avion qui me ramènera vers la France, je ne ressens aucune tristesse, aucun pincement au cœur, rien de cela. Comme je me suis bien blindée, et que j'ai l'intime conviction que je reviendrai au Burkina un jour, je ne suis pas triste de partir.

Je ne sais pas si c’est bien ou pas, mais on dirait que j’aurais aimé verser quelques larmes, je crois que ça me donnerait l’impression d’être encore plus - comment dire ? -  vivante… ? Et pourtant, comment pourrait-on être plus vivante que je ne le suis ?  Tout cela est un peu brouillon et contradictoire, j’en ai bien conscience. [Rien à voir mais ça me rappelle mon épreuve de théâtre au bac, quand, sur la fin, les examinateurs m’ont donné comme consigne d’improvisation : « prouvez-nous que vous êtes vivante »]

Enfin, le séjour n’a pas encore touché à sa fin, les larmes viendront peut-être plus tard, peut-être même une fois le sol français touché, qui sait ? Mais, si elles viennent, il faudra s’en réjouir ! Car si ces larmes seront des larmes un peu tristes d’un départ et de quitter tant de gens, elles seront surtout une preuve palpable de tout l’amour que je porte désormais à ce peuple, à ces enfants, à ces amis.


« Toi, tu es une véritable africaine ! »

A cette heure proche de mon départ, je dois avouer que LA phrase qui me rend heureuse et que j’ai eu la chance d’entendre de nombreuses fois, c’est celle-là : « Toi tu es une véritable africaine ! »

Je l’ai toujours su, d’abord, que j’étais africaine, non mais ho ! HAHA. Nan, mais, pour de vrai, quand on a passé toute son enfance et adolescence (plus de 17 ans !) dans un pays d’Afrique (bon, même si les malgaches rechignent beaucoup à dire que Madagascar c’est l’Afrique, on parle ici de géographie, y a pas débat dêh), comment peut-on se sentir autrement ? Mon corps même est adapté à l’Afrique : je n’y tombe jamais malade, contrairement à quand je suis en France !!

D’où une question intéressante : qu’est-ce qui fait de nous une française ou une africaine ou une quoi quoi quoi ?

Bien sûr, dans la définition de base, j’imagine que c’est simplement une histoire de nationalité, donc d’un peu de sang/ de gênes, et/ou d’un bout de papier, grosso modo.
Mais derrière cette nationalité, dire qu’on est français ou africain ou autre c’est aussi une GRANDE question d’appartenance à un peuple, à une culture, à une histoire, à l'Histoire (avec un grand H), et, moi j’ajouterai, d’amour (faut croire que c’est mon mot d’ordre depuis que j’ai choisi de partir en mission…) D’amour pour ce peuple auquel on dit appartenir, d’amour pour cette culture à laquelle on se relie, d’amour pour cette histoire/Histoire qu’on a vécu ou que nos parents ont vécu et que nous vivons encore.
Comment quelqu’un pourrait-il affirmer « je suis français » sans aimer la France, et les français auxquels il se rattache par les mots qu’il prononce ? Comment quelqu’un pourrait-il affirmer « je suis africain » sans aimer l’Afrique ses peuples et ses cultures ?

Du coup, moi, comme quand j’étais plus jeune, je dis : 
je suis de nationalité et d'éducation française, mais mon cœur est en Afrique

Et cette expérience au Burkina confirme ce sentiment d’appartenance au peuple africain. Non, je ne suis pas noire de peau. Oui, il y a des morceaux culturels de l’Afrique que je ne pourrais jamais adopter (comme les histoires de sorcellerie, qui sont pourtant très présentes dans la culture africaine). Mais ma manière de vivre, ma culture et surtout mon histoire, si elles sont évidemment portées par une éducation européenne qui vient de mon sang (mes parents, leurs parents, toussa), ont leurs racines profondément ancrées dans le sol de la chaleureuse Afrique. Et je suis heureuse de constater que ce sentiment que j’ai d’être africaine est ici, en Afrique même, pleinement accepté et reconnu par ceux qui m’ont côtoyée.

Pour la petite histoire : j’ai les bonnes couleurs pour mon départ vers la France, bleu, blanc, rouge !!! Et oui, blanc, c’est ma couleur de peau (que j’ai essayé de bronzer un peu à Kdg avec la piscine, mais bon c’est pas encore ça ^^). Bleu et rouge c’est les couleurs que mes jambes ont prises suite à deux petits « accidents » : je suis tombée, presque à l’arrêt, à vélo, à Nouna (la chaîne a lâché). La honte! Mais comme c’était sur une route de terre caillouteuse ça a fait des dégâts un peu gros :p Et sinon j’ai escaladé un mur. Du coup rouge c’est les plaies qui sont encore visibles, et bleu c’est autour de ces plaies. 
MA-GNI-FIQUE, je suis. ERF.




Bilan : « j’ai gagné une famille »

Je ne vois pas comment faire un bilan de tout ce que j’ai vécu ici, c’est impossible ! Il y a tant à dire, et tant de choses qui ne peuvent pas se dire mais seulement se vivre !

Pour résumer, je pense que je peux simplement dire : 

« J’ai gagné une famille ».


« Gagner », c’est le verbe utilisé pour remplacer le verbe « avoir », expression locale donc !
Ma famille burkinabée se compose de plus d’une centaine d’enfants (mes élèves !), de frères, de sœurs, et même de mamans !, dans plusieurs villes (Nouna, Ouaga, Kdg et même Lyon !).

Bien sûr, rien ne remplace ma famille biologique (big up à vous, j’vous aime trop ! :p ), mais disons que cela vient la compléter. Et puis, ne sommes-nous pas, nous humains, tous frères et sœurs en Christ ? (Pardon pour ceux qui ne comprennent pas cette phrase, mais je vous l’ai jamais caché moi je suis chrétienne, pratiquante, et j’aime TROP Dieu quoi !)

Il y a plein de choses que je pensais vivre qui ne sont pas arrivées (je n’ai pas avancé du tout sur la guitare, je n’ai toujours pas lu la Bible, je n’ai pas eu le palu ( \o/ YEAH), entre autres), et il y a des millions de choses auxquelles je ne m’attendais pas qui sont arrivées (cette nouvelle famille, tout l’amour que j’ai pour mes enfants et pour le peuple burkinabé, tous les fous rires, des centaines d’amis, un fort ressentiment envers la profession de griottes, les litres de bière que j’ai dû ingurgiter, la chance de savoir toujours m’émerveiller de tant de choses, les nouveaux pas de danse que j’ai pu apprendre, le Clip-dub que les élèves ont beaucoup aimé tourner et que la communauté entière des Frères a apprécié (ils ont même parlé d’en faire un pour chaque établissement au Burkina !), toutes ces belles rencontres, la liste est trop longue !)




Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir !

Je l’ai déjà dit plusieurs fois dans ma vie, mais, encore une fois : maintenant, je peux mourir heureuse. Depuis plusieurs années déjà, je sais que si le Seigneur décide de me rappeler à Lui, j’aurai vécu tout ce que je pouvais vivre, et au maximum, et j’en suis heureuse. La mort ne m’a jamais effrayée (c’est plutôt la douleur qui pourrait l’accompagner qui peut m’effrayer), car, en tant que chrétienne, je crois (je sais !) que la mort signifie seulement la fin de notre vie terrestre, mais que nous rejoignons Dieu et tous nos potes « Là-Haut ». Du coup, vous savez tous qu’à mon enterrement, quel qu’en soit le jour, ce sera la BIG FIESTA quoi !!!

Mais en attendant je suis encore là. Dieu seul sait pour combien de temps, mais on est là ! Et tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.


    => J’espère que je vous retrouverai tous en bonne santé !!!  

   => J’espère que je garderai plein d’expressions burkinabées que j’aime trop (« bon, voilà » ; « vous êtes invité ! » ; « de monter ? » ; « Yelkabé ! Yassouma ! » ; « Dieu merci ! » ; « faut faire pardon ! » ; « Merci de ton merci » ; « On est là » ; « trop, même ! » ; « en tout cas ! » ; « un peu un peu » ; « j’ai duré de manger poisson braisé dêh ! » ; « Hé, mon ami ! Feu est rouge, t’as oublié tes verres ou bien ? Que de me laisser passer ! Pardon, mon ami, faut laisser passer! Pardon ! Allez, quitte là-bas!» etc.) et l’accent qui va avec bien sûr !!!

=> J’espère que je perdrai certaines habitudes qui pourraient vraiment choquer mes compatriotes, parce que comme je serai dans leur (heu…notre !) pays, c’est à moi de me ré-adapter à eux. Du genre si je peux éviter de dire à la serveuse « faut envoyer la note » à la fin du repas, par habitude (c’est pas de l’impolitesse, c’est juste comme ça ici, rapide, efficace, sans difficulté :p), ce serait pas mal ! (petit clin d’œil !)

=> J’espère, enfin, de tout mon cœur, que je reviendrai au Burkina, Inch’Allah, dans pas trop longtemps !!!!! 

  

Pour terminer, la chanson qui passe dans TOUS les maquis actuellement: Sitya Loss, de l'artiste ougandais Eddy Kenzo, dont le clip est tourné en mode "local" dans un village (avec les gens du village et des images qu'on peut voir en vrai, pour changer des clips à la mode "USA" avec grosses voitures et filles à moitié nues!): Enjoy!




 Il ne me restera plus que le Clip-dub à publier une fois une connexion digne de ce nom trouvée en France :p



Des bisous de Ouagadougou, avec toute mon amitié et ma prière !

Que Dieu vous accompagne, où que vous soyez. Qu’Il vous accorde la force et le courage d’aimer toujours, parce que l’amour, y a trop que ça de vrai même !

Et bonne aventure aux nouveaux volontaires !
 




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