jeudi 18 septembre 2014

[19] Back in France!



*  Arrivée en France *

Me voilà de retour en France.
Ce qui me fait le plus bizarre ? Le ryhtme. Ici, les gens sont pressés, il faut faire les choses rapidement, il faut prévoir en avance, il faut arriver à l’heure. Je ne savais plus. Je n’imaginais pas. Moi qui étais si ponctuelle avant de partir, je ne pensais pas m’être si fortement fondue dans le rythme africain : « on est là », « y a le temps », « y a pas de problème, même ». Enfin, en même temps, arriver à Paris ça doit faire cet effet même à des gens qui vivent en France, dans de petites villes ou petits villages… !
Autre chose qui me fait bizarre ? Quand j’entre dans une pièce, je m’attends encore à entendre le bruit des margouillats qui détalent pour aller se cacher. Et non, pas de bruit. Je suis presque déçue !

 Ce morceau de ma vie restera, comme vous pouvez vous en douter, gravé à jamais dans ma mémoire, dans mon cœur, dans mon âme.
Les sourires de mes enfants bercent encore mes rêves, accompagnés des effluves du poulet à l’ail à partager avec des bières Brakina au maquis (bar) le soir, de la chaleur un peu moite de la saison d’hivernage, des « quitte là bas ! » du Frère Etienne quand je me moquais de lui, et mes oreilles ne se lassent jamais des musiques qu’on écoutait… Je ne vous parle pas de musiques traditionnelles genre djembé balafon et tout ça, non ! Je vous parle de ces artistes qui font danser un continent entier, qui sont écoutés dans tous les maquis de tous les pays de l’Afrique subsaharienne : Sexion d’Assaut, Bracket, Psquare, Toofan, Beynaud, Maître Gims, The Shin Sekaï, Magic System, Petit Yodé, Eddy Kenzo, etc !

Mais j’ai été heureuse de retrouver ma famille biologique, même si une partie était déjà rentrée à Madagascar. Je suis heureuse de revoir tant d’amis chers. Je suis heureuse de pouvoir à nouveau jouer sur des pianos acoustiques dotés d’une pédale forte (vive la SNCF et ses idées magiques !). Je suis heureuse de rattraper un peu de mon retard cinématographique. Je suis heureuse de redécouvrir les saveurs de l’art culinaire (même si je suis encore perdue dans ces menus qui proposent plus de trois plats différents !).
 Je suis heureuse d’avoir découvert mon nouveau logement à Grenoble (avec une super colocataire !!!). Je suis heureuse d’être de retour dans cette ville entourée de si belles montagnes, et de retrouver la paroisse Isèreanybody que j’aime tant ! Je suis heureuse d’avoir pu aider à animer ma toute première messe à Grenoble depuis mon départ au Burkina, avec de si bons amis (merci, Jijo !!), et d’avoir retrouvé tout le monde !
Je suis heureuse de tout ce qui me reste encore à faire : retrouver encore tant de gens aimés, retourner à l’école, m’occuper des 4e / 3e en aumônerie, reprendre l’animation de messe, chercher un stage, et, bien sûr, pouvoir mettre en œuvre ce que mon expérience burkinabée m’a appris !

La France ne m’a pas attendue pour vivre, elle aussi, et changer (y a une nouvelle ligne de tram à Grenoble !).
Mais il y a toujours des choses qui ne changent pas, qui permettent de retrouver des repères.
Par exemple, chez Dominos Pizza, c’est toujours le mardi qui est fou ! Et ça fait plaisir :p


Je l’ai déjà écrit dans un article du blog, citant Pierre Teilhard de Chardin (Lettres à Léontine Zanta) :
« Je comprends votre anxiété de ne pas être à la hauteur de la tâche. C’est une des grandes peines humaines. Il faut la regarder en face, cette peine, dans la vérité et dans la lumière de Dieu, puisque nous vivons à ce soleil. Ne vous perdez pas en vaines perquisitions intérieures sur ce que vous pouvez bien valoir. Mais dites-vous, catégoriquement, que, pour la réussite de l’œuvre immense de la Création, Dieu n’a besoin que d’une chose : c’est que vous fassiez de votre mieux. »

Du coup, moi je peux vous assurer que j’ai fait de mon mieux, partout, dans chaque instant que j’ai consacré à mon travail, dans chaque échange que j’ai eu. Et il semble que cela ait porté des fruits. En témoignent l’enthousiasme en classe de mes enfants, les centaines de « vous allez trop nous manquer, Madame », les cadeaux exceptionnels  qui m’ont été offerts à la fin de mon « stage » en entreprise à Koudougou, les dizaines de « merci » des gens avec qui j’ai travaillé là-bas. Et leurs sourires, à tous, si extraordinaires.

Mais je suis persuadée qu’avoir aimé ces enfants, ces collègues, comme je l’ai fait, c’est aussi ce qui a donné tant de beauté à ma mission, et tant de bonheur à tout le monde. Un élève de 2nde C m’a envoyé un message (et pourtant c’est pas du tout la classe avec qui j’ai été la plus sympa hein, je ne leur ai jamais caché ce que je pensais de leur niveau en maths : exécrable  !!) :



Je l’ai déjà écrit plusieurs fois dans ce blog, mais allons-y répétons-le, c’est important :
 l’amour, c’est la clé.
Je vous le promets.

Je ne sais pas encore ce que Dieu attend de moi, en particulier au regard de cette expérience si forte, mais je Le remercie de tout mon cœur pour tout, pour cette chance que j’ai eue, pour toutes ces merveilleuses rencontres, pour Sa si belle création, qu’Il nous donne avec tout Son amour ! J’ai placé en Lui toute ma confiance depuis le début même de la préparation de mon départ, et Il m’a comblée, au-delà de toute espérance !
Seigneur, T’es trop bon ! Merci, merci, merci !!!

Des bisous de Grenoble, avec toute mon amitié et ma prière !
Que Dieu vous accorde la force, le courage et la patience d’aimer toujours, parce que
 l’amour, y a trop que ça de vrai même !

Maïlys.

4 commentaires:

  1. C'est magnifique ce que tu écris et ... ça donne envie de partir pour ailleurs, de partir à la rencontre!

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  2. Bravo mailys pour ce blog si bien raconté ...
    Bon retour à Grenoble j'espère qu'on aura l'occasion de se revoir. Bisous

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  3. Merci, les filles :D :D
    Heureuse que ça te donne envie de partir à la rencontre, Charlène!!
    Sonia: on va faire en sorte d'avoir cette occasion! ;)

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  4. I hope that this blog will know thanks to Burkina Faso :)
    Regards from Polish

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